Hausse des cas de Covid-19 : "Ce n'est pas qu'une conséquence des tests"

Hausse des cas de Covid-19 : "Ce n'est pas qu'une conséquence des tests"
Population

INTERVIEW - Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale à Genève, est revenu, ce lundi sur LCI, sur la recrudescence des cas de coronavirus. L'occasion pour l'épidémiologiste d'évoquer la rentrée scolaire, mais aussi la responsabilité des personnes âgées, les plus vulnérables au Covid-19.

Hausse des cas positifs, inquiétude à l'approche de la rentrée scolaire ou situation des personnes âgées... Invité ce lundi sur LCI, Antoine Flahaut, directeur de l'Institut de santé globale à Genève, est longuement revenu sur les sujets du moment concernant l'épidémie de Covid-19. 

Sur la recrudescence des cas

"Je ne pense pas qu'on perde le contrôle du virus, mais on assiste à une recrudescence des cas", a constaté le médecin suisse, en référence à ce week-end du 15 août marqué par une augmentation des cas positifs. En effet, dimanche, la France a encore enregistré plus de 3.000 nouveaux cas de Covid-19 en 24h (3.015), comme la veille, franchissant une nouvelle fois ce seuil inédit depuis mai et le début du déconfinement. Et celui-ci d'avancer une explication : "On a jamais testé autant". Mais, a-t-il poursuivi, "ce n'est pas qu'une conséquence des tests : si le virus ne circulait pas, on ne le trouverait pas."

Il s'agit "peut-être des signes précurseurs d'une nouvelle vague, mais on ne sait pas très bien : les cas ne correspondent pas à ceux du mois de mars, où on voyait des hospitalisations." Et d'ajouter :"Je ne crois pas que le virus soit moins virulent (…) ni que les seniors aient acquis une immunité."

Lire aussi

Sur les personnes âgées

Si le nombre de contaminations bondit chez les 20-30 ans, au point que certains plaident pour un dépistage obligatoire pour cette catégorie d'âge, pour Antoine Flahaut, les personnes âgées demeurent les premières cibles du virus. "Aller à un mariage ou à un enterrement quand on a plus de 80 ans, c'est comme aller dans le Nord Kivu durant une période d'Ebola", a-t-il estimé. "Après 80 ans, vous avez la même mortalité en raison du coronavirus que d'Ebola. C'est effroyable. Les personnes âgées doivent le savoir. On ne peut pas les empêcher, mais il faut savoir que nous n'avons pas de vaccin pour arriver à les sauver."

"Les seniors sont des personnes responsables. (…) Elles doivent être au courant des risques et prendre leur propre choix. On ne peut pas les empêcher d'aller à un mariage, mais leur rappeler que cela revient à aller au nord Kivu durant Ebola", a conclu le professeur.

Sur la rentrée scolaire

Alors que les inquiétudes montent à deux semaines d'une rentrée scolaire marquée par l'incertitude, Antoine Flahaut assure que l'été a permis de faire des progrès concernant la connaissance du virus chez les enfants. "Dans les écoles, on pouvait comprendre qu'on ne voulait pas trop intervenir car les enfants ne sont pas à haut risque, ils développent très peu la maladie. Mais cet été, des données nous ont montré qu'ils pouvaient constituer un vrai 'réservoir' à contamination."

"Si on veut être cohérent, pour éviter d'avoir des écoles qui vont s'arrêter, il faut une action cohérente, forte, concernant le port du masque. A partir de 3 ans, on pourrait dire : il faut le masque pour tous, enfants et enseignants", a jugé le spécialiste, reconnaissant qu'il ne s'agit pas "d'une disposition facile. Peut-être que certains moments de la classe doivent être sans masque, pour que les petits apprennent à lire, à s'exprimer."

Sur le Puy du Fou

Arès la polémique qui a éclaté ce week- end à propos de la dérogation accordée au Puy du Fou, qui a pu accueillir samedi soir jusqu'à 9.000 spectateurs pour un spectacle, Antoine Flahaut a tempéré en estimant que ce genre d'événement pouvait se dérouler, mais sous conditions. 

Toute l'info sur

Vacances d'été : l'ombre du coronavirus

Lire aussi

"Si on ne trouve aucun cluster après cette fête, peut-être que cela donnera l’envie d'étendre ce type de fête. Il faut qu'on retrouve une vie sociale, on a besoin de revivre de façon encadrée, de façon pilotée, mais je pense sans dogme", a-t-il expliqué.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

CARTE - Voici la liste des 54 départements désormais sous couvre-feu

Passage à l'heure d'hiver : est-ce vraiment la dernière fois ?

Covid-19 : une deuxième vague "pire que la première" ?

Jeune fille tondue à Besançon : condamnée à un an de prison, la famille a été expulsée ce samedi matin

EN DIRECT - Covid-19 : 45.422 contaminations, nouveau record quotidien

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent