VIDÉO - De dealer à médecin, le "parcours stupéfiant" de Roman Sanchez

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TÉMOIGNAGE - Ancien dealer et gros consommateur de drogues, Roman Sanchez rêve aujourd’hui de devenir addictologue. Un destin qu’il raconte dans un livre, "Un parcours stupéfiant" (Michel Lafon). LCI l’a rencontré.

Dans quelques jours, Roman Sanchez entamera son internat de médecine générale. Un épilogue presque inattendu pour ce petit dernier d’une famille issue de la classe moyenne, consommateur et dealer de cannabis dès l’adolescence. Son destin, il le raconte dans un livre au titre équivoque :  "Un parcours stupéfiant" (Michel Lafon). "J’ai commencé à fumer du cannabis à 12 ans dans la cour du collège", raconte-il à LCI. "Il y avait des mecs en 4e qui roulaient un joint, je leur ai demandé si c’était possible de fumer. Ils m’ont dit 'pas de problème' et c’est comme ça que ça a commencé."

Trois ans plus tard,  Roman passe de l’autre côté de la barrière. Grâce au trafic, il gagne jusqu’à 2000 euros par mois, parfois plus, échappant à plusieurs reprises à la police. Un mode de vie aussi dangereux qu’éphémère qu’il compare dans le livre à un "jet pack" : "En gros on monte très vite, on gagne beaucoup d’argent. Et la chute n’en est que plus terrible. Un jet pack, ça n’a pas beaucoup d’autonomie. C’est pareil dans le trafic, on ne dure jamais très longtemps."

"C'était ça ou je me tuais"

En 2006, Roman vient d’avoir 18 ans lorsqu’il reçoit une convocation au commissariat.  Placé en garde à vue après avoir été balancé par des clients, il sera jugé un mois plus tard et écopera d’une peine de trois mois de prison avec sursis. Mineur au moment des faits qui lui sont reprochés, il bénéficiera de la clémence de la juge chargée de son dossier. "Elle m’a donné ma chance", observe-t-il. "Si elle m’avait envoyé en prison, je n’aurais pas pu m’inscrire en médecine."

Reste que s'il arrête le trafic, sa consommation, elle, s’accélère… et se diversifie. Cocaïne, LSD, ecstasy, MDMA, tout y passe. Dans une spirale destructrice pour ses relations sociales et amoureuses, il touche à tout jusqu’au jour où il réalise que c’est un miracle s’il est encore en vie. Les études de médecine, qu’il entame sur le tard, vont lui donner enfin un but dans l’existence. "C’était ça ou je me tuais, ou j’allais en prison", reconnaît-il. "Ou alors je recommençais à dealer."

La trentaine passée, Roman rêve de devenir addictologue. "J’en connais un rayon et je me dis que je pourrais aider les autres", affirme le futur médecin, aujourd’hui (presque) sobre. "Je bois en soirée mais je ne consomme plus de drogue. Si je vois des gens en prendre, je ne suis pas leur père. Ils font ce qu’ils veulent. Mais s’ils ont envie de venir me voir plus tard quand je serais addictologue, y'a pas de souci !".

>> "Un parcours stupéfiant" de Roman Sanchez (Michel Lafon). 285 pages. 16,95 euros

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