Gilet jaune éborgné à Paris : une marche de soutien prévue samedi

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La colère des Gilets jaunes

VIOLENCES - Une manifestation est organisée samedi à Valenciennes (Nord) en soutien à Manuel C., un Gilet jaune blessé à l'œil lors du rassemblement place d'Italie à Paris, le 16 novembre dernier.

Une marche sera organisée samedi à Valenciennes (Nord) "en soutien" à Manuel C., Gilet jaune originaire de la ville, qui a perdu l'usage d'un oeil après avoir été blessé par un projectile probablement tiré par la police à Paris, a-t-on appris mercredi dans son entourage. Cette "marche de soutien" aura lieu à 14H00, a indiqué à nos confrères de l'AFP Corinne, amie proche de la victime, précisant que le parcours était en train d'être affiné et serait déclaré en préfecture mercredi soir "avant minuit".

Une cagnotte en ligne a également été ouverte pour lui venir en aide et recueillait plus de 7.000 euros mercredi soir. "Quel avenir pour Manuel avec un oeil en moins, victime de violences policières alors qu'il ne représentait aucun danger. Il venait juste exprimer son mécontentement", dénoncent les Gilets jaunes de Saint-Aybert (Nord) dans un message posté sur Facebook pour annoncer ce rassemblement.

Une enquête judiciaire ouverte après la grave blessure à l'oeil du manifestant

Rappel des faits : samedi 17 novembre, lors de la manifestation des Gilets jaunes place d'Italie, l'homme de 41 ans discute à l'écart du chaos avec d'autres manifestants lorsqu'un projectile vient le heurter violemment à l'oeil gauche. Il est alors mis à l'abris par d'autres manifestants et des "street medics". La scène, filmée, a été largement partagée sur les réseaux sociaux. 

Lundi, le préfet de police de Paris Didier Lallement avait annoncé qu'il allait saisir l'IGPN, "à la demande du ministre de l'Intérieur", après la diffusion de la vidéo. De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour "violence par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours" et confié les investigations à l'IGPN.

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Le Gilet jaune blessé refuse d'être auditionné par l'IGPN

L'avocat de Manuel C., Me Arié Alimi, a lui annoncé qu'il allait déposer une plainte auprès du doyen des juges d'instruction pour réclamer une requalification criminelle des investigations, pour "violences volontaires avec arme et en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation permanente". Cette plainte doit être également déposée pour "violation de liberté individuelle". Elle vise nommément le préfet Lallement, l'accusant de complicité pour avoir autorisé l'usage de lanceurs de grenade 56 mm.

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Manuel C. a également refusé mercredi d'être auditionné par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) chargée de l'enquête judiciaire en raison selon Me Arié Alimi de "la partialité de l'IGPN qui étouffe les affaires de violences policières". L'avocat attaque aussi le parquet de Paris, accusé de "blocage" sur les dossiers de violences policières.

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