VIDÉO - Dès l'appel du 18 juin, il a rejoint Londres : à 99 ans, Jacques Le Gall témoigne

Jacques Le Gall avait 19 ans quand il a quitté Audierne et l'Hexagone pour rejoindre le général de Gaulle en 1940, sous les yeux de sa mère. Âgé de 99 ans, aujourd'hui, découvrez son témoignage.
Population

COMMÉMORATION - A l'occasion des 80 ans de l'appel du 18 juin du général de Gaulle, voici le témoignage exceptionnel d'un ancien combattant de la France libre, originaire d'Audierne (Finistère). A 19 ans, Jacques Le Gall a décidé de rejoindre l'Angleterre à bord d'un bateau. Nos équipes l'ont rencontré. Il se souvient...

Jacques Le Gall avait 19 ans lorsqu'il a entendu l'appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940. Aujourd'hui, il en a 80 de plus et réside toujours en Bretagne. C'est à bord de l'Ar-Zénith, un bateau de pêche qui a permis à une vingtaine de jeunes Français de rallier l'Angleterre, que nos équipes l'ont rencontré et ont recueilli son témoignage. 

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain, héros de la Grande Guerre, annonce la capitulation de la France, face à l'avancée des troupes allemandes. A cette époque, Jacques Le Gall est étudiant et l'aîné d'une fratrie de quatre garçons. Lorsqu'il apprend la nouvelle, il se dit que ce n'est pas possible que tout s'arrête comme ça. "On avait encore un sacré potentiel", dit-il au 20h de TF1. 

Au lendemain de l'annonce de la capitulation, la BBC diffuse depuis Londres l'appel du général De Gaulle dont il ne reste aucun enregistrement. Il le réitérera 4 jours plus tard, le 22 juin : "J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre. Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance", lance-t-il alors sur les ondes.

Lire aussi

Rallier Londres coûte que coûte

"Notre mère nous a dit : 'Je viens juste d'entendre un général français'. Elle n'avait pas compris le nom. Il a appelé de Londres, à le rallier pour continuer la lutte. Je me suis dit qu'il n'y avait plus à hésiter, il fallait trouver un bateau pour l'Angleterre. Alors on a cherché, cherché, et puis, il n'y avait pas un seul bateau de pêche. Alors on s'est dit qu'il y avait le brave l'Ar-Zénith...", raconte-t-il. 

Ce bateau, chargé normalement de l'acheminement du courrier vers l'île de Sein, va embarquer en tout 21 jeunes, entre 17 et 20 ans, dont les deux frères Le Gall, qui vont quitter Audierne sous les yeux de leur mère. "C'était terrible pour elle car c'était ses deux aînés qui partaient", se souvient Jacques qui ajoute qu'elle ne fera aucun geste pour les empêcher de partir. "Bien au contraire", dit-il. 

Mais Londres est encore loin. Après une première escale le 19 au matin sur l'île de Sein, ils trouvent un autre bateau le soir même pour l'île d'Ouessant. Et de là, un troisième, la Monique Andrée, qui les conduira vers Plymouth, en Angleterre. 

Toute l'info sur

Le 20h

Le 7 juillet, ils sont seulement un millier d'hommes à rencontrer enfin le général de Gaulle. "Quand il est arrivé, on a vu un homme très grand, pâle, sévère, pas un sourire, rien. Et puis, très rapidement, il nous a félicité tout en nous disant qu'il fallait commencer le combat tout de suite, ajoutant qu'il n'aurait aucune tolérance. Il fallait qu'il puisse dire que la France n'avait jamais arrêté le combat", se remémore Jacques. 

Le commandant Le Gall fera toute la guerre au sein des Forces navales françaises libres. Ce matin, lors de la cérémonie de commémoration à Saint-Malo, il a vibré comme il y a 80 ans à l'évocation de l'appel du 18 juin.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent