VIDÉO - Enquête sur les enfants déracinés de La Réunion

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ENFANTS DE LA CREUSE - Dans les années 1960, les autorités françaises ont retiré des enfants réunionnais à leur famille. Elles les ont envoyés en métropole, dans des régions dépeuplées comme la Creuse. Un déracinement extrêmement violent sur lequel ces derniers reviennent, des années après.

Ils sont plus de 2000 comme Marie-Céline. Plus de 2000 enfants réunionnais déportés par les autorités hexagonales vers la France métropolitaine. Si la plupart d'entre eux étaient des enfants orphelins ou abandonnés, d'autres ont été arrachés à leur famille, souvent pauvre et illettrée. Une politique migratoire mise en place par le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer (Bumidom), un programme d'Etat lancé au début des années 1960. 

La France est alors confrontée à l'exode rural et les fermes peinent à trouver de la main d'oeuvre. Les autorités s'inquiètent de voir certains régions désertées alors que, dans le même temps, La Réunion fait face à une explosion démographique (9 enfants en moyenne par foyer) et à une crise économique majeure : le taux de chômage y atteint presque les 40% . Bébés, enfants ou adolescents réunionnais, ils sont déracinés et transportés dans 83 départements dont la Creuse mais pas seulement. 

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"Une page sombre de notre histoire de France"

A l'initiative de ce projet : Michel Debré, ancien Premier ministre du général De Gaulle devenu député de La Réunion. On promet alors aux familles que les enfants suivront des études avant de revenir sur l'île. Il n'en est rien. Le système durera jusqu'en 1984. Plus de trente ans après la fin du programme, ils sont encore nombreux à vivre en France métropolitaine, coupés de leur famille, de leur culture et de leur île. 

"C'est une page sombre de notre histoire de France. On aura toujours cette cicatrice. De toutes façons, elles seront toujours là. Quand on va à La Réunion, c'est compliqué pour nous. Ce n'est pas si facile de retrouver ses racines au bout de temps d'années et, quelques fois, ça ne se passe pas très bien dans les familles réunionnaises. C'est pour ça que ce dispositif psychologique est indispensable pour nous", explique Valérie Andanson, porte-parole de la FEDD (Fédération des enfants déracinés des départements et régions d'Outre-Mer).

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La "responsabilité morale" de l'Etat reconnue trente ans après la fin de la pratique

Le 18 février 2014, l'Assemblée nationale a voté pour la première fois une résolution où elle "demande à ce que la connaissance historique de cette affaire soit approfondie et diffusée" tout en considérant "que l'Etat a manqué à sa responsabilité morale envers ces pupilles" et que "tout soit mis en oeuvre pour permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle".

En 2017, une première convention est mise en place, et permet aux enfants de la Creuse d'être accompagnés dans la reconstruction de leur histoire. Le ministère des Outre-Mer prend en charge une aide financière, notamment dans le cadre de voyage métropole/Réunion et de l'hébergement sur place. En avril 2019, le ministère des Outre-Mer et le Conseil départemental de La Réunion ont signé une convention pérennisant l’accompagnement proposé aux "enfants de la Creuse". 

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