Enquête sur les "thérapies de conversion", pratiques homophobes que des députés veulent interdire

Enquête sur les "thérapies de conversion", pratiques homophobes que des députés veulent interdire
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HOMOPHOBIE - Les thérapies de conversion pour tenter de modifier l'identité sexuelle d'une personne ont parfois des conséquences dramatiques comme la dépression ou des tentatives de suicide. Des députés veulent faire évoluer la loi pour les interdire.

Certains de nos parlementaires aimeraient faire interdire une pratique méconnue. Des communautés religieuses imposent à des homosexuels des thérapies de conversion, parfois forcées. Une stigmatisation extrêmement violente pour les personnes concernées. Nos journalistes ont recueilli quelques témoignages, comme celui de Benoît. 

Il y a quinze ans, le jeune homme révèle son homosexualité à sa famille. Ses parents, très croyants, l'inscrivent alors à une session de plusieurs jours dans le Tarn au sein d'une communauté catholique : les Béatitudes. Officiellement, il s'agit de guérir les blessures profondes. Officieusement : changer l'orientation sexuelle de la personne qui ne peut être que malheureuse,
dans le péché.  De telles sessions existent-elles toujours ? La communauté propose aujourd'hui une retraite spirituelle intitulée "Renaître à la vie" qui permet de "faire de nouveaux choix de vie à la lumière de l’Évangile". Interrogée par nos journalistes, une membre de la communauté explique cependant que cela ne vise plus à modifier l'orientation sexuelle de la personne. 

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Pourtant selon Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, deux journalistes-auteurs de "Dieu est amour", ces thérapies se multiplient depuis une vingtaine d'années. Le discours est néanmoins ambigu : les termes "maladie" ou "guérir" ne sont jamais employés. Ici il est plutôt question de "restauration d'identité". Deux associations proposent ces thérapies de conversion en France : "Courage" et "Torrents de vie". Le message ici est clair : ne passez pas à l'acte. La plupart des participants à ces thérapies sont en situation de détresse. 

"Ces groupes-là ne proposent aucune solution pour guérir. Ce qu’ils proposent, c’est un parcours pour résister toute sa vie à ses attirances naturelles", explique Jean-Loup Adénor. Reste que modifier l’orientation sexuelle d’une personne n’est pas illégale en France, seule l’homophobie ou l’abus de faiblesse peuvent être condamnés. Un vide juridique que la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon souhaite changer après avoir recueilli le témoignage de plusieurs dizaines de victimes de ces thérapies. L'objectif est double : à la fois interdire mais aussi sensibiliser, car la plupart des victimes sont majeures et consentantes.  

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