Incivilités et insécurité : quand les citoyens attaquent l'État

Incivilités et insécurité : quand les citoyens attaquent l'État
Population

Partout en France, des collectifs envisagent de porter plainte contre l'État pour ce qu'ils considèrent être de l'inaction face aux incivilités que sont les rodéos urbains ou encore le trafic de drogues. A Marseille, une habitante a fait condamner l'Etat pour "inaction", et à Lyon, les citoyens s'organisent.

Dans le centre-vile de Lyon, la semaine dernière. A 5 heures du matin, une vingtaine de jeunes finissent leur nuit au milieu de la rue. Ils dansent, boivent de l'alcool et empêchent tout le monde de dormir. Il y a 3 semaines, d'autres réglaient leur compte à coup de mortiers et de fumigènes dans l'hypercentre. Tous les week-ends, les riverains se plaignent d'entendre un concert de klaxons  incessant.  les rodéos urbains ont fait leur apparition et les accidents se multiplient comme en juin dernier, où un enfant de cinq ans, a été victime d'un rodéo urbain. Il avait été renversé par un deux-roues à Vaulx-en-Velin dans la métropole de Lyon, alors qu'il traversait la route en vélo. 

On veut que la police républicaine s'occupe de nous et de ce problème- Sarah Bodhuin de l'Association "Presqu'Île en colère" à Lyon

Alors pour tenter de mettre fin à ces incivilités, un collectif d'habitants a porté plainte, contre la Mairie, il y a quelques mois. Mais face à une réponse de la Mairie qu'ils jugent insuffisante, plusieurs collectifs envisagent maintenant de porter  plainte contre le ministre de l'intérieur. Il s'agit d'un contentieux en responsabilité. Une façon pour ces associations d'endiguer la colère des riverains. "On est les premiers à dire, prenez sur vous, calmez vous. On est en train de faire des actions (...) On est un collectif citoyen, apolitique et on veut que la police républicaine s'occupe de nous et de ce problème", explique Sarah Bodhuin de l'association  "Presqu'Île en colère" à Lyon. Mais cette procédure est longue et incertaine. 

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En août dernier, l'Etat a été condamné

En août dernier, une habitante de Marseille a fait condamner l'Etat pour son inaction face aux rodéos urbains. L’Etat a été condamné par la justice administrative à verser 10.000 euros à une habitante d'un quartier défavorisé de Marseille qui dénonce depuis 2012, l'inaction des pouvoirs publics face aux rodéos urbains de deux-roues.

Dans ce jugement, daté du 3 août et révélé par la presse locale, le tribunal administratif de Marseille estime que "le préfet de police des Bouches-du-Rhône a pris des mesures insuffisantes pour restaurer la tranquillité publique" dans le quartier de la plaignante, Le Verduron, dans le quinzième arrondissement, un des plus pauvres de la ville. Le tribunal, soulignant une "faute de la part de l'Etat", reconnaît que cette habitante "a subi des nuisances sonores à raison de plusieurs jours par semaine depuis au moins 2012". 

La préfecture de police avait indiqué dans des courriers, adressés à un collectif de riverains dont la plaignante est un membre actif, avoir procédé à des actions de sensibilisation, des rondes, des contrôles ainsi qu'à la saisie d'une motocyclette en 2012. Mais parfois, la mobilisation citoyenne suffit à faire reculer les incivilités. 

Des effets mais le combat est loin d'être gagné

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A Saint-Denis, en banlieue parisienne, de la drogue avait été retrouvée l'année dernière, dans une école primaire. Des parents s'étaient alors mobilisés et cela a sans doute pesé dans le résultat des dernières élections municipales. "Je ne pense pas qu'il y ait d'autres solutions que le citoyen s'implique dans la vie de sa ville, s'il veut que sa ville avance", indique Fabienne Méka, du collectif "coups de balais à Saint-Denis".  

Pourtant, les dealers n'ont pas disparu. Ils sont, un peu plus loin et plus discrets. Ces mères de famille reconnaissent ainsi que le combat contre le trafic de drogue est loin d'être gagné et qu'il faudra maintenant la pression sur les responsables politiques.

Le nouveau Maire de la ville, lui, affirme avoir entendu le cri de colère des habitants : "On va s'engager pour que les problèmes ne se reproduisent pas. On a commencé à le faire, notamment sur la mise en sécurité physique de l'école, sur la vidéosurveillance, avec une présence plus importante de la police municipale", précise Mathieu Hanotin, maire PS de la ville. 

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