L'industrie touristique française peut-elle survivre à l’absence des visiteurs chinois ?

L'industrie touristique française peut-elle survivre à l’absence des visiteurs chinois ?
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SOLUTIONS - Chaque année, deux millions et demi de touristes chinois foulent le sol français et dépensent pas moins de quatre millions d'euros. Cette année, en raison de la crise du Covid-19, ils seront beaucoup moins nombreux, voire totalement absents. Comment le tourisme français peut-il surmonter cette perte importante de chiffre d'affaires ?

Cette semaine, l'Union européenne a validé la liste des pays dont les ressortissants sont désormais autorisés à voyager au sein de ses frontières. Une liste incluant la Chine, sous conditions.  L'Europe demande en effet la réciprocité, c'est-à-dire que les frontières soient ouvertes dans les deux sens, ce qui n'est actuellement le cas que de façon limitée. 

Chaque année, les Chinois, qui sont 2,5 millions à venir visiter nos régions, dépensent quatre millions d'euros en France. Cet été, ils devraient donc être beaucoup moins nombreux. Comment l'économie touristique française va-t-elle survivre sans cette manne financière non négligeable ?

Venir à Fontainebleau, cela fait partie de l’expérience française pour les Chinois.- Isabelle de Gourcuff, administratrice générale du château de Fontainebleau

Au château de Fontainebleau, qui accueille 40 000 Chinois chaque année, le coup sera rude. Le site est d'ailleurs l'un des plus dépendants du tourisme chinois. "Venir à Fontainebleau, cela fait partie de l’expérience française pour les Chinois" explique à TF1 Isabelle de Gourcuff, l'administratrice générale. Sauf que dans les allées du château en ce moment, il n'y a donc pas de Chinois, et même quasiment aucun étranger. Les visiteurs viennent essentiellement de France, principalement de la région parisienne. 

"Le fait que les touristes chinois ne soient pas là va creuser un trou dans le budget du château. Il y a une différence de pouvoir d’achat, d’investissement, entre les Français et les étrangers. Les Français bénéficient d’abord, pour une grande part, de la gratuité. Donc, finalement, ce sont les étrangers qui apportent le plus dans les caisses du château" déplore Jean-François Hebert, président du château de Fontainebleau.  Alors pour attirer les Italiens, les Belges, les Anglais, le château mise tout sur ses jardins : ils seront exceptionnellement ouverts cet été, jusqu'à 22h.

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La crise est également présente dans les grands groupes hôteliers. Au sein de Louvres Hôtel, qui compte 850 structures, de nombreux établissements parisiens sont en difficulté. Ces derniers disposaient d'une clientèle composée à 50% de Chinois. Pour tenter de pallier ce manque à gagner, le groupe privilégie la stratégie du tourisme franco-français. Une grande campagne  a ainsi été lancée sur les réseaux sociaux pour attirer les clients locaux, notamment en leur offrant la possibilité d’annuler jusqu’au dernier moment, le tout avec un lot important de promotions.

Dans certains cas, comme celui de Pierre Shi, président de l'Association chinoise des agences de voyages en France, toute la saison touristique est réduite à néant. Sur les 50 agences dont il est le gérant, 15 sont même menacées de disparition, leur clientèle étant composée à 100% de touristes chinois. "Jusqu'à maintenant, nous n'avons aucune recette. L'important dans notre métier, ce sont les contacts dont nous disposons un peu partout. Donc, nous essayons de trouver une solution pour faire bouger la communauté chinoise basée en Europe" indique-t-il à TF1. Il n'a pas le choix : il n'attend pas de voyageurs venant de Chine proprement dite avant, au moins, le mois d'octobre.

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