L'inquiétante pratique des selfies avec des bébés félins sur les réseaux sociaux

L'inquiétante pratique des selfies avec des bébés félins sur les réseaux sociaux
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TRAFIC - C'est une tendance qui explose sur les réseaux sociaux : les selfies pris avec un bébé tigre dans les bras. Une détention de fauve totalement illégale qui se multiplie en Europe. A tel point qu'il y a aujourd'hui dans le monde plus de tigres en captivité qu'à l'état sauvage.

C'est la nouvelle "mode" sur les réseaux sociaux, qui vous assure de recevoir des dizaines de commentaires positifs : partager un selfie avec un bébé fauve, ou même en élever un chez soi comme animal de compagnie. Mais ces pratiques sont totalement illégales, et les clichés sont guettés par la police de l'environnement qui tente de les décortiquer pour remonter jusqu'aux vendeurs de félins. 

Car derrière cette inquiétante pratique pourraient se cacher des cirques peu scrupuleux écoulant des portées sous le manteau. Selon un inspecteur de l'Office français pour la biodiversité, ce genre de commerce est possible car "ce sont des espèces qui nécessitent peu de moyens pour qu'elles se reproduisent en captivité. Et qui finalement produisent beaucoup de jeunes spécimens. Résultat, un jeune félin, type lion ou tigre, peut se vendre quelques centaines d'euros", dit-il.

Incontrôlables en quelques semaines

Et ce phénomène prend de l'ampleur, sous l'influence d'internet. Or, les jeunes fauves que l'on voient faussement dociles dans des clips musicaux deviennent en réalité incontrôlables en quelques semaines. Pour s'en rendre compte, direction le zoo de Saint-Martin-la Plaine, dans la Loire. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article, face à des lionceaux d'à peine un an, le vétérinaire ne s'aventure plus dans l'enclos. 

"Ce sont des animaux qui font déjà 70 kg. On les voit grandir au jour le jour, et ils vont passer les 100, 150 kg pour atteindre leur croissance définitive vers 2 ans et demi", indique Jean-Christophe Gérard. Et pourtant, en janvier dernier, lorsqu'ils ont été retrouvés en pleine nature, abandonnés par leur propriétaire, certainement dépassé, ils ressemblaient encore à des bébés. 

Le zoo espère maintenant se séparer de ces lionceaux car il a déjà une vingtaine de grands fauves sur les bras. il faut dire qu'ils engloutissent chacun 250 kg de viande par mois et peuvent vivre jusqu'à 30 ans.

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Dans une autre partie de ce parc zoologique, non accessible au public, se trouve justement une aile réservée aux félins saisis par les autorités, délaissés par des particuliers ou des cirques, dans l'attente d'une place ailleurs. Et c'est bien là la finalité : "Nous avons eu la chance de pouvoir mettre quatre lions en Afrique du Sud, qui sont dans une réserve, et donc nourris par l'humain, mais il n'est pas question de les remettre en totale liberté dans la nature", souligne Pierre Thivillon, le directeur du zoo.

Car ces félins sont trop domestiqués pour retourner en milieu sauvage. Voilà pourquoi la détention de fauve est strictement encadrée par la loi. Faute d'autorisation, un particulier risque trois ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.

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