Première voie réservée au covoiturage : un radar compte le nombre de passagers à bord

VIDEO - Une voie de covoiturage mise en place sur l'A48

TRANSPORTS - A l'entrée de Grenoble, sur l'autoroute en provenance de Lyon, une voie réservée au covoiturage est désormais en service. Cette première en France devrait permettre de désengorger le trafic routier à l'entrée de la ville. Comment cela fonctionne ? Nos explications.

C'est une première en France : une voie dédiée au covoiturage a été mise en service il y a quelques jours à l'entrée de Grenoble sur l'A48, l'autoroute qui relie Lyon à la capitale des Alpes. Cette voie de gauche, qui s'étend sur 8 kilomètres, se situe après la barrière de péage de Voreppe et s’étend jusqu’à la bifurcation A48 - RN481. 

La fonction de cette voie réservée au covoiturage est de "résoudre les embouteillages chroniques aux heures de pointe et  ainsi réduire la pollution", explique le gestionnaire de cette portion, AREA. Autre argument concernant sa mise en place : "l’ouverture de la voie réservée au covoiturage apportera un gain de temps significatif aux covoitureurs, notamment en fiabilisant leur temps de trajet"

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Comment ça marche ?

Dans les faits, comment fonctionne-t-elle ? Aux heures de pointe notamment, dès que le trafic s'intensifie, un losange blanc est affiché sur les panneaux lumineux de l'autoroute, et la voie devient exclusivement réservée au covoiturage. Les véhicules autorisés peuvent alors y circuler, les autres doivent se rabattre à droite le temps que le trafic soit régulé.  "Seuls les véhicules comprenant deux personnes ou plus (voiture partagée), les taxis , ainsi que les véhicules à très faibles émissions ont le droit de l’emprunter. La vitesse maximale autorisée est alors de 50 km/h sur l’ensemble des voies", explique encore AREA. Le fameux losange lumineux "communique avec un système de comptage automatique du nombre d'occupants dans les véhicules", capable de détecter les occupants d'une voiture "à l'avant comme à l'arrière, de jour comme de nuit et dans toutes les conditions climatiques". Une sorte de radar, donc, qui compte le nombre de personnes à l'intérieur des voitures. 

Et si vous espérez filouter, n'y comptez pas trop, comme l'explique Nicolas Moronval, chef du département innovation et développement de l'entreprise filiale d'Eiffage : "A partir du moment où un véhicule est détecté comme ayant une seule personne à bord, un message lumineux s'affiche sur les panneaux, 'seul à bord, changez de voie'". Pour l'heure, pas de contrôle, mais de la pédagogie. Mais d'ici quelques mois, les contrôles relèveront des forces de l'ordre, qui pourront dresser des amendes aux automobilistes en infraction, à hauteur de 135 euros. 

Un système mis en place ailleurs dans le monde

Pour les automobilistes, la mesure mise en place est accueillie avec scepticisme. "C'est trois fois plus long", pour certains. "Les trois quarts des gens qui roulent sur cette voie, n'ont rien à y faire", selon cet autre usager du tronçon. "Il y aura toujours autant de voitures", pour ce monsieur. A l'inverse, les adeptes du covoiturage sont ravis : "ça fait moins de trafic et puis c'est convivial", confie Sophie. En France, des projets tels que celui-ci sont à l'étude à Marseille, Bordeaux ou encore Lyon.  

D’autres pays comme le Canada utilisent ce type de voie depuis les années 1990. En 2018, le CEREMA, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement avait publié une étude sur ces voies de covoiturage dans le pays. Il en ressortait qu'elles faisaient gagner du temps aux automobilistes, qu'elle permettait de "déplacer de 350 à 500 personnes de plus à l’heure dans l’axe de l’autoroute" et que le nombre des voitures à deux passagers ou plus avait effectivement augmenté "depuis l’implantation du covoiturage". "Aujourd’hui, à Québec, personne, autorités ou usagers, ne veut la remettre en cause", notaient les auteurs du rapport.

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Un petit bémol, cependant, concernant l’accidentologie. "Il semble que le nombre d’accidents avant et après la mise en place de la VOM est demeuré similaire, précisaient les experts. Il faudrait cependant continuer cette étude pendant quelques années car entre le taux de congestion et le nombre de changements de voie, il est difficile de trancher pour trouver le facteur premier entraînant des accidents"

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