VIDÉO - Reprise des traitements de Vincent Lambert : "une condamnation à souffrir", dénonce le camp de son épouse

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AFFAIRE VINCENT LAMBERT - La Cour d'appel de Paris a ordonné la reprise des traitements de Vincent Lambert qui ont été arrêtés ce lundi. Favorable à leur arrêt, François, le neveu de tétraplégique en état végétatif, a dénoncé cette décision, y voyant "une brutalité et une violence incroyables". Son avocat a annoncé sur LCI un pourvoi en cassation.

Coup de théâtre dans l'affaire Vincent Lambert. La Cour d'appel de Paris a ordonné lundi 20 mai le rétablissement des traitements visant à le maintenir en vie, une "très grande victoire" pour ses parents. Le matin-même, le CHU de Reims avait annoncé, conformément à la décision des médecins datant du 11 mai dernier, l'arrêt des soins de Vincent Lambert, en état végétatif depuis dix ans. Désespérés, les parents de l'infirmier, devenu tétraplégique depuis un accident de voiture en 2008, avaient aussi saisi la Cour européenne des droits de l'homme et interpellé le président Emmanuel Macron.


"Je suis estomaqué par cette décision qui est d'une brutalité et d'une violence incroyables", a réagi François, le neveu de Vincent Lambert favorable à l'arrêt des traitements, mardi 21 mai sur LCI. "Tout avait été préparé, tout avait été fait. L'équipe médicale était prête. Tout le monde était déterminé à faire en sorte que les choses se passent du mieux possible, dans l'accompagnement et l'explication. Là, vous avez des juges qui ont tout foutu par terre en disant qu'il fallait maintenir Vincent en vie et surtout le rebrancher. Il avait été débranché pendant 24 heures. Ce n'est plus un être humain, c'est une espèce d'objet que les gens se passent des uns aux autres. C'est une décision qui est prise sans prendre en compte Vincent." Pour son avocat, Me Gérard Chemla, "c'est une condamnation à souffrir". "On a l'impression qu'à partir du moment où l'on considère Vincent Lambert comme un handicapé, il doit être condamné à souffrir plus qu'un autre. Effectivement, nous sommes affligés."

Dans son propos, l'avocat du neveu François et de l'épouse Rachel de Vincent Lambert a d'ailleurs partagé son "écœurement" quant au comportement de la partie adverse. En cause notamment, une vidéo tournée par les parents du tétraplégique le montrant sur son lit d'hôpital, et publiée par le journal Valeurs actuelles lundi. Une diffusion contre laquelle Rachel Lambert va déposer une plainte, a indiqué mardi sur France info son avocat Me Francis Fossier.


Egalement dans le viseur de Me Chemla, l'attitude des avocats des parents de Vincent Lambert dont Me Jean Paillot parlant de "remontada", un terme footballistique, en évoquant la décision de la Cour d'appel de Paris, qui a ordonné la reprise, au moins provisoire, de l'alimentation et l'hydratation du patient. "On est sur un débat sur la dignité humaine. Vous avez assisté hier à des choses qui sont écœurantes. On a commencé le matin par la diffusion d'une vidéo indécente. Le soir par l'expression d'une satisfaction dans des conditions choquantes. Vous avez entendu parler de 'remontada'", a-t-il rappelé. On se croirait sur un match de foot. Je ne joue pas au foot. Je m'interroge sur cette condamnation à souffrir davantage."

On peut se demander s'il n'y a pas derrière des opinions personnelles qui se dessinentMe Gérard CHEMLA, avocat du neveu de Vincent LAMBERT

Alors que le neveu de Vincent Lambert a trouvé "très suspect cette façon des parents de Vincent de dire qu'ils étaient devant la Cour d'appel de Paris alors qu'ils n'avaient rien annoncé devant le Tribunal de grande instance", Me Chemla s'est, quant à lui, interrogé sur les motifs qui ont poussé "un juge à dire le contraire d'un autre juge" dans cette affaire. "J'aimerais comprendre. La justice et la fixité des décisions de justice font partie de la solidité d'une République. Au travers de cette affaire, on s'aperçoit que la justice s'effiloche et disparaît. On peut se demander s'il n'y a pas derrière les opinions personnelles des magistrats qui se dessinent", a estimé l'avocat de la famille, favorable à l'arrêt des traitements du patient tétraplégique.


"Quand un juge finit par dire le contraire de ce que dix autres juges ont dit avant lui, quand il s'oppose à la décision de la Cour européenne des Droits de l'homme, répétée deux fois, quand il s'oppose aux décisions du Conseil d'État, répétée deux fois, on est obligé de s'interroger, surtout quand ça se passe dans le cadre d'une procédure qui a été menée en catimini, c'est-à-dire sans intervention d'aucune des parties concernées", a-t-il poursuivi, en référence à l'ordonnance rendue par la Cour d'appel de Paris. "Vous vous rendez compte qu'à ma connaissance personne n'a assisté à cette audience et ne sait ce qui s'y est dit."

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Affaire Vincent Lambert : "C'est une condamnation à souffrir" estime Me Chemla

En conséquence, après l'arrêt de la Cour d'appel sur la reprise des traitements, un pourvoi devant la Cour de cassation est envisagé. "On va garder raison, on va demander à l'État français de former un pourvoi en cassation. On va regarder les recours", a annoncé Me Gérard Chemla sur LCI. "Mais comment croire au juge quand le juge se déjuge en permanence ?"

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L'affaire Vincent Lambert : un interminable déchirement

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