Les éleveurs bovins se diversifient : le bonheur et la rentabilité sont-ils dans la vente directe ?

Avec une baisse de 12% en dix, notre consommation de viande a tendance à baisser. Pour y faire face, des éleveurs se sont réinventés. À l'exemple de ceux de la Nièvre et des Yvelines que nous avons rencontrés.

DANS L'ASSIETTE - Consommer moins de viande, mais de meilleure qualité, c'est devenu le credo de bon nombre de consommateurs. Pour répondre à cette demande, les éleveurs ont dû s'adapter et n'hésitent plus à avoir recours à la vente directe.

Entre janvier et août, la consommation de boeuf a baissé de 4,1% par rapport à l’an dernier sur la même période. En cause notamment, le confinement et la fermeture des restaurants pendant trois mois. Mais il n'y a pas que ça... Nos habitudes de consommation ont également changé. Nous mangeons moins de viande. Mais quand nous cédons à l'appel de la chair, nous la voulons de meilleure qualité. Et certains éleveurs sont bien décidés à répondre à cette demande. 

A la Ferme "Grand Montigny", à Millay dans la Nièvre, François Perrigueur bichonne ses bêtes. Dans leur menu, il n'hésite plus à y associer un cocktail détonnant : des céréales pour plus d'énergie, du lin pour les Oméga 3, mais aussi de la luzerne pour les protéines ! Voilà son secret pour une viande française d'exception. "Cela donne la garantie d'obtenir une viande de qualité qui sera nourrie sainement, qui sera tendre, qui sera persillée", explique-t-il.

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De la ferme... aux consommateurs

Depuis six générations, cette famille d'éleveurs se bat pour valoriser ses produits. Des viandes qu'ils ont décidé de ne pas commercialiser en supermarché. "Pour nous, c'est plus simple de passer par une entreprise qui effectue la découpe et la commercialisation.  Nous gagnons 200 à 300 euros en plus, selon les animaux, par rapport au circuit traditionnel", poursuit l'éleveur. Par circuit traditionnel, il faut donc entendre la grande distribution.

C'est donc dans une entreprise, à seulement cinq kilomètres de leur exploitation, que leurs boeufs charolais sont transformés par des artisans boucher. Cette viande locale est ensuite exclusivement vendue par colis sur internet, avec des livraisons partout en France. "On sent une volonté de moins consommer de viande, mais de consommer de la viande de meilleure qualité. Nous avons une clientèle de plus en plus importante. Nous livrons près de 600 à 700 commandes par semaine", indique Louis-Bertrand Jeannerod, le directeur de Nature&Régions, l'entreprise de découpe qui s'occupe aussi de la vente.

Dans la ferme "des Limousines", située à Vicq, dans les Yvelines, les éleveurs ont quant à eux choisi une autre option pour la vente directe de leur viande. Ils ont installé une boucherie juste à côté de leurs bêtes. "Maintenant, nous découpons toutes nos bêtes à la ferme. Nous gérons comme nous le voulons, comme veulent les clients", avance Aurélia Cottereaux

Cette garantie de fraîcheur et de qualité  plaît aux consommateurs. Et chaque semaine, la ferme gagne de nouveaux clients. "Une fois qu'on y a goûté, on y revient forcément", se réjouit ainsi un habitué des lieux. Coût de l'investissement : 50.000 euros. En seulement un an, cette ferme a déjà réussi à le rentabiliser.

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