"Ma nouvelle vie" : Clarisse, une navigatrice sur le pont

"Ma nouvelle vie" : Clarisse, une navigatrice sur le pont
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CONFINEMENT - Elle devait être confinée... dans l'habitacle de son voilier, au beau milieu de l'océan. Au lieu de cela, Clarisse Crémer est coincée chez elle, à Lorient. Pas de quoi décourager la navigatrice professionnelle, qui continue de s'entraîner pour la compétition, avec humour.

Au lieu de faire le tour du monde, elle fait le tour de son jardin. Comme tous les Français, Clarisse Crémer est confinée depuis le 17 mars. La jeune navigatrice devait courir deux transatlantiques, annulées en pleine crise de coronavirus. Son voilier, qui était prêt à partir, dort dans un hangar depuis plus d'un mois. 

Mais la professionnelle ne se laisse pas abattre par la situation, et profite du confinement pour suivre un programme très sérieux : musculation, cours de météo, mise en situation avec les moyens du bord... 

Depuis sa terrasse elle s'entraîne avec humour à affronter des tempêtes, et tient un journal de bord assidu. "Il faut se tenir prête" avance-t-elle. La navigatrice a dans sa ligne de mire le très sérieux Vendée Globe qui débutera le 8 novembre prochain.

Le confinement, bien différent d'un tour du monde en solitaire

Clarisse Crémier marque bien la différence entre le confinement imposé par la crise sanitaire actuelle, et un confinement dans un habitacle, lors d'un tour du monde. "Ce n'est pas choisi", pointe celle qui a déjà passé 18 jours seule, en mer. Un constat largement partagé par d'autres grands marins. 

Interrogés par l'AFP, Michel Desjoyeaux, comme Francis Joyon et Samantha Davies, tous marins d'exception, ne voient pas de comparaison possible entre la période de confinement imposée pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et leur vie en solitaire lors d'une course au large. "Ce n'est pas du tout la même chose, mais pas du tout"!

C'est dur de comparer les deux- Samantha Davies

"On est physiquement isolé, certes, mais on n'est pas dans la solitude parce qu'il y a plein de gens qui s'intéressent à nous. Aujourd'hui, les gens sont plus dans l'isolement que nous quand on est dans les mers du Sud dans un bateau de 10 m. C'est un choix délibéré alors que, là, (le confinement) c'est un choix qu'on subit", explique Michel Desjoyeaux.

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La Britannique Samantha Davies tient le même discours. Elle s'apprête à prendre le départ en novembre de son troisième Vendée Globe, à bord d'un monocoque (Initiatives-Coeur) de la classe Imoca, des bateaux de 18 m de long pour 5 m de large. "On a choisi d'être là (en mer), c'est dur de comparer les deux. Sur un bateau du Vendée Globe, la zone de vie et le cockpit, c'est seulement 4 mètres carrés. Il y a plein de moments où on ne marche pas du tout, on ne tient pas debout, c'est le problème sur le Vendée Globe, tu n'as plus de jambes. A terre tu peux faire des squats, mais pas sur un bateau qui bouge ! Et il n'y a pas de chauffage, pas de 4G ni de wi-fi, mais par contre, on s'y prépare", dit la navigatrice, "coincée" en famille à la maison.

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