Malgré la baisse du trafic aérien, les aiguilleurs du ciel touchent une prime... de suractivité

Une partie des contrôleurs aériens continue de toucher une prime de suractivité alors que le trafic aérien est beaucoup moins important qu'en temps normal. Une gratification qui pose question, surtout en ces temps de disette budgétaire.

POLÉMIQUE - Une partie des contrôleurs aériens continue de toucher une prime de suractivité alors que le trafic aérien est beaucoup moins important qu'en temps normal. Une gratification qui pose question, surtout en ces temps de disette budgétaire.

Alors que le trafic aérien connaît un ralentissement brutal, la moitié des aiguilleurs du ciel continue de percevoir une prime de suractivité pouvant atteindre 550 euros par mois, rapportent nos confrères du Parisien. Une gratification qui pose question, alors que le secteur est confronté actuellement à la pire crise de son histoire.  Cette prime découle d’un accord signé en 2016 par la Direction générale de l’avion civile (DGAC) avec SNCTA, le principal syndicat des aiguilleurs du ciel.

A l'origine, cette prime a été mise en place pour faire face à l'augmentation du trafic aérien et encourager les aiguilleurs du ciel à travailler davantage de jours en cette période où l’activité est habituellement plus intense que le reste de l'année.Sauf que cette année, à cause de la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19), l'activité est en chute libre et peine encore aujourd'hui à redécoller. En juin 2020, le trafic aérien en France a chuté de 84,51 % par rapport à 2019, selon les chiffres de la DGAC.

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La DGAC a dû faire un emprunt de 1,25 milliard d’euros

Quelque 2.000 aiguilleurs du ciel au total bénéficieraient de cette prime, dont l’attribution ne dépend pas de l’activité. Et c'est justement ce qui pose problème. L'affaire fait grincer des dents à la DGAC, à en croire nos confrères du journal Le Parisien. Ses revenus proviennent des taxes versées par les compagnies aériennes. En raison de la chute du trafic, elle doit faire face à une dette colossale. "La DGAC a dû emprunter 1,25 milliard d’euros en 2020. Et ce n’est pas suffisant", confie une source, citée par le quotidien. "Cette prime est indécente, car nous avons eu plus de repos du fait que le trafic est plus faible qu’en temps normal", reconnaît un aiguilleur du ciel, sous couvert d'anonymat

Pour Loïc Parisi, secrétaire national du syndicat national des contrôleurs du trafic aérien, l'octroi de cette prime est tout à fait légitime : "Nous allons manquer de contrôleurs aériens dans les prochaines années. Il y a aussi de nouveaux outils de contrôle à s’approprier et il faut redéfinir toutes les procédures en vue de l’instauration d’une aviation dite ‘verte' . Cette prime permettra d’accompagner la transformation de la navigation aérienne française", soutient-il au micro de TF1. Ce que nous a confirmé la DGAC : "Les journées rémunérées mais non réalisées seront comptabilisées dans le cadre de la formation massive aux nouveaux outils de navigation aérienne".

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Un coût évalué à 45 millions sur 4 ans

Le statut des aiguilleurs du ciel est régulièrement remise en cause par la Cour des comptes. En 2018 puis en 2019, l’institution, chargée de contrôler la régularité des comptes publics et de vérifier le bon emploi des fonds publics, avait demandé une évaluation des gains de productivité rendus possible par l’accord signée en 2016. Son coût pour l'Etat a été estimé à 45 millions d'euros sur la période allant de 2016 à 2020, indique Le Point. En 2010, la Cour des comptes avait également dénoncé l'organisation "opaque" des congés des contrôleurs aériens. 

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