Des agriculteurs allument des "feux de la colère" pour exprimer leur mal-être

Population

STOP - En Ile-de-France, des feux ont été allumés dans une demi-douzaine de lieux. Les agriculteurs entendaient protester contre les ZNT (Zone de non-traitement), mais pas uniquement.

Quelques centaines d'agriculteurs ont procédé, lundi soir, à des actions "feux de la colère", incendiant palettes, bottes de paille et souches, afin d'exprimer le "malaise" du monde agricole, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. 

"Le monde agricole est stigmatisé au quotidien " et dernièrement, le projet de mise en place de zones de non-traitement (ZNT) destinées à protéger les populations contre les dangers potentiels des pesticides "a mis le feu aux poudres", a expliqué Damien Greffin, agriculteur dans l’Essonne par téléphone.

En Ile-de-France, des feux étaient allumés dans une demi-douzaine de lieux, dont deux dans le Val d'Oise, trois dans les Yvelines, et un dans l'Essonne, selon Amandine Muret-Beguin, céréalière, secrétaire générale des JA d'IDF-Ouest, jointe au téléphone par l'AFP.

"Les feux du désespoir"

"On a appelé ça les feux de la colère, mais aussi les feux du désespoir, pour faire ressentir le malaise ambiant qu'il y a dans la campagne, et cet acharnement qu'on peut subir au quotidien", a-t-elle déclaré. Selon elle, sur chaque site, une bonne vingtaine d'adhérents devaient entretenir les feux une bonne partie de la nuit. Les agriculteurs entendaient protester contre les ZNT, mais pas seulement.

"Ça a été la goutte d'eau. On se fait déjà pas mal attaquer quotidiennement sur nos pratiques, alors que le gouvernement admet qu'on a l'agriculture la plus durable au monde, donc c'est un non-sens", a indiqué Amandine Muret-Beguin, aux abords de l'A13, dans le secteur de Mantes.

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"Je pense qu'il y a une méconnaissance du milieu agricole", a-t-elle déploré, invitant les gens à "venir discuter dans les fermes, avec les agriculteurs". "On ne compte pas bloquer, ce n'est pas l'objectif", a indiqué cette agricultrice des Yvelines, qui compte poursuivre ces feux "toute la semaine": "après, s'il faut continuer, le désespoir est tellement présent qu'on continuera".

"Il y a un sentiment de déconsidération qui est spectaculaire", a déclaré Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, évoquant le "mal-être" général des agriculteurs. Une nouvelle journée de mobilisation  contre la "déconsidération" du monde paysan est prévue le 22 octobre.

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