VIDÉO - Muriel Robin à la marche #NousToutes : "Il y a encore tout à faire contre ces assassinats"

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MANIFESTATION - Présente dans le cortège de la marche organisée par le collectif "Nous Toutes" à Paris, Muriel Robin s'est exprimée au micro de LCI.

A l'appel du collectif "Nous Toutes", des milliers de Français battent le pavé ce samedi 23 novembre. A Paris, c'est une marée violette qui a déferlé dans les rues, avec, en tête de cortège, des personnalités touchées de près ou de loin par ce fléau. Très impliquée sur la question depuis qu'elle a joué le rôle de Jacqueline Sauvage, Muriel Robin a répondu aux questions de LCI. 

Pourquoi lui fallait-il être là ? "Malgré la bonne volonté du gouvernement, il y a encore tout à faire contre ces assassinats qui ont lieu tous les deux jours." Si elle note que les choses évoluent - petit à petit - dans le bon sens, à l'image du Grenelle sur les violences faites aux femmes, la comédienne se montre néanmoins vigilante. 

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"Il y a une prise de conscience énorme qui a eu lieu cette année, en un an, avec peut-être, on l'espère, des chiffres historiques qui vont être un levier très important pour pouvoir demander les choses. Lundi, on saura quelles seront les mesures de ce Grenelle que nous avions demandé. Il faut pas croire, ils ont fait le Grenelle parce qu'on l'a demandé, on a tout au forcing", souligne-t-elle. "Les mesures seront-elles satisfaisantes ? Est-ce qu'il y aura l'argent qu'il faut pour la formation, pour l'éducation, pour les centres d'hébergement, pour les associations qui font le travail ? Qu'est-ce qu'on dit à ces femmes qui sont en train de se dire que peut-être dans une heure, elles seront mortes ?" 

"On demande un milliard"

Ce qu'elle réclame aux autorités ? "Un milliard. On demande un milliard. Tout le monde demande un milliard (...) Nous aussi, il faut un milliard. Il faut de l'argent pour les centres d’hébergement. L'Europe a pointé des manquements, il y a des lois qui existent et ne sont pas appliquées (...) 68% des femmes qui ont déposé plainte sont décédées. Il y a des manquements énormes. Que nous dit notre Président ? Il ne peut pas rester silencieux. On a besoin de l'entendre", dit-elle. 

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Elle espère un "message fort" de la part du gouvernement lors des annonces prévues ce lundi 25 novembre. "Pour ces femmes et pour lui et pour elles, pour celles qui ont peur. Pour les hommes aussi. Je l'espère mais je crains qu'on soit déçus. Il faut des mesures à la hauteur du problème. Un assassinat tous les deux jours, ça doit s'arrêter. Les chiffres doivent diminuer. Ils l'ont fait en Espagne avec un milliard, les chiffres ont baissé de moitié. Il n'y a pas de raison, on sait que c'est possible, il y a une solution. Parce que sinon, on dit quoi à cette femme ? Non tu vaux trop cher ? Combien coûte la vie d'une femme ? J'ai déjà posé la question à notre président. Voyons ce qu'il se dira lundi. On croise les doigts."

"Je faisais partie des inconscients"

Et de poursuivre : "Cette mobilisation, c'est formidable. Je faisais partie des inconscients. J'ai tourné Jacqueline Sauvage, j'ai réalisé quelque chose. C'est un sujet qui nous est, pour beaucoup, passé à côté. Les victimes se disent : 'enfin, on nous voit'. Parce que ce sont les mêmes, toujours : nos sœurs, nos collègues, nos amies, notre mère. On les connait. Une tous les deux jours... Là, je vous parle, il y a peut-être une femme qui ne sera plus là demain. C'est terrible (...) C'est un métronome infernal, honteux, indécent." 

"Si on ne prend pas des mesures à la hauteur, nous serons un pays qui manque de décence. L'honneur, ça veut dire quelque chose, l'honneur. Qu'on puisse regarder les femmes en face et leur dire 'je fais mon maximum'. Il n'y est pas le maximum. Il n'y est pas !"

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