Paris : des centaines de migrants s'installent place de la République avant d'être délogés par la police

Plusieurs centaines de migrants ont installé leurs tentes place de la République lundi 23 novembre, dans l’attente de solutions d’hébergement. Coups de matraque, grenades... Les forces de l’ordre les ont violemment délogés dans la soirée, suscitant jusqu'à la réprobation du ministre de l'Intérieur.

CAMPEMENTS – Plusieurs centaines de personnes exilées ont installé leur tente place de la République lundi 23 novembre, dans l’attente de solutions d’hébergement. Les forces de l’ordre les ont violemment délogées dans la soirée, suscitant jusqu'à la réprobation du ministre de l'Intérieur.

Dans la soirée du lundi 23 novembre, plusieurs centaines d’exilés ont posé leur tente place de la République. Ne sachant plus où aller après l’évacuation du campement de Saint-Denis la semaine précédente, ces personnes, en majorité de nationalité afghane, ont décidé d’occuper les lieux pour la nuit. 

À leurs côtés, des associations et des avocats pour assurer le respect de leurs droits, mais aussi des élus écologistes, comme la sénatrice Esther Benbassa ou le conseiller de Paris Nour Durand-Raucher. L’association Utopia 56, venant en aide aux personnes exilées en France, réclame dans un communiqué 1000 places d’hébergement immédiates ainsi que "la mise en place d’un système d’accueil pérenne".

Des tentes délogées avec leur occupant encore dedans

Peu après 20h, les forces de l’ordre ont commencé à procéder à l’évacuation des lieux en enlevant une à une les tentes installées, parfois avec des personnes encore à l’intérieur, et en les confisquant sous les huées des personnes présentes place de la République. Une intervention qui a généré des violences entre policiers et militants. Des journalistes filmant les scènes, notamment Rémy Buisine, ont par ailleurs dénoncé des violences de la part des forces de l'ordre à leur encontre.

"Le campement illicite de migrants installé ce soir place de la République a été évacué", a annoncé la préfecture de police dans la soirée. Dans un communiqué, elle indique que "toutes les personnes en besoin d’hébergement sont invitées à se présenter dans les accueils de jour où des orientations vers des solutions d’hébergement adaptées à leur situation sont proposées très régulièrement aux migrants par l’Etat et ses partenaires associatifs." Une fois délogés de la place, plus de 300 exilés ont marché jusqu'à l'Hôtel de ville pour exiger "des mises à l'abri, hébergements et système d'accueil pérenne", selon Utopia 56. Publiquement sur Twitter, l'association a alors demandé à Anne Hidalgo ainsi qu'à son adjoint au logement Ian Brossat d'ouvrir les portes de la mairie de Paris et d'y accueillir ces personnes pour la nuit.

Soutien aux associations qui tentent de rendre visible l'insoutenable- David Belliard, adjoint à la mairie de Paris

Les évènements de ce lundi soir ont provoqué des réactions, tant du côté des associations que des politiques. "On ne répond pas à la misère par des matraques", a vivement réagi Delphine Rouilleaut, directrice générale de France terre d’asile. "La mise à l’abri des migrants du campement de Saint Denis restés à la rue est urgence, indispensable, indiscutable. Il en va de l’honneur de la République française." David Belliard, adjoint EELV à la mairie de Paris, s’est lui aussi indigné dans un tweet : "Comment peut-on laisser des centaines de réfugiés, dont des femmes et des enfants, sans solution d’hébergement, au mépris de toute dignité humaine !? Soutien aux associations qui, ce soir à République, tentent de rendre visible l’insoutenable."

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Gérald Darmanin a quant à lui réagi dans la soirée sur son compte Twitter. Évoquant des images "choquantes", le ministre de l'Intérieur, critiqué par les journalistes et les associations de défense des libertés publiques pour sa proposition de loi visant à flouter les policiers filmés en intervention, a indiqué qu'il demanderait au préfet Lallement "un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police d'ici (mardi) midi"

Suite au démantèlement du camp de Saint-Denis le 17 novembre dernier, installé depuis cet été sous une bretelle d'autoroute près du Stade de France, plus de 3 000 personnes ont bénéficié d'un accueil dans des centres et gymnases d'Ile-de-France. Selon les associations, entre 500 et 1 000 exilés n'ont pas été concernés par le dispositif et se trouvent toujours sans solution d'hébergement.

L'errance s'est poursuivie dans la nuit de lundi à mardi pour ces centaines d'exilés qui ont été escortés jusqu'à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis où une distribution alimentaire a pu se tenir, en présence et sous surveillance des forces de l'ordre.

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