Nice : les ventes d'armes en hausse après l'attentat de la basilique Notre-Dame

Nice : les ventes d'armes en hausse après l'attentat de la basilique Notre-Dame

AUTO-DÉFENSE - À Nice, dans les jours qui ont suivi l'attentat de la basilique Notre-Dame, des armureries ont constaté un afflux inhabituel de clients cherchant à s'équiper en armes non létales. Plus surprenant encore, un lieu de culte a lui aussi décidé de s'armer afin de rassurer les fidèles.

Dans un pays où la culture des armes n'existe pas, la scène a de quoi interloquer. Dans la réserve d'une église de Nice (Alpes-Maritimes), une petite mallette noire trône désormais sur une étagère, à l'abri des regards. L'un des bénévoles, sous couvert d'anonymat, nous en dévoile le contenu. À l'intérieur, se trouve une arme. Plus exactement, un pistolet tirant des balles en caoutchouc. Pour détenir ce modèle, pas besoin de permis de port d'arme. "C'est une arme automatique à cartouches à gaz. Ça fonctionne comme une arme, à la différence qu'elle n'est pas létale", explique ce bénévole.

Depuis l'attentat perpétré dans la ville, le 29 octobre dernier, contre la basilique Notre-Dame, des fidèles craignent l'éventualité d'une nouvelle attaque. "Je sais qu'on ne doit pas être armé dans une église. Mais la vie des gens est plus importante à nos yeux", soutient le bénévole en manipulant le pistolet, maladroitement. "On ne sait pas trop si on sera en mesure de l'utiliser si par malheur cela arrive", confie notre interlocuteur, inquiet. S'armer pour ne pas se sentir démuni. A Nice, certains habitants semblent faire plus que l'envisager.

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L'attaque meurtrière à la basilique Notre-Dame de Nice

On avait à peu près une quinzaine d'armes en stock. Elles sont toutes parties dans la journée- Le gérant d'une armurerie à Nice

Le gérant de l'une de la dizaine d'armureries que compte la ville nous dit ainsi constater une hausse des ventes depuis dix jours. "On avait à peu près une quinzaine d'armes en stock. Elles sont toutes parties dans la journée. En général, c'est un achat qui reste assez ponctuel", explique-t-il. Avant de détailler le profil très divers des acheteurs : "Cela va de la grand-mère de 70 ans au jeune de 18 ans, en passant par un père de famille ou un commerçant."

Le nombre de détenteurs légaux d'armes à feu n'a pas augmenté depuis le 29 octobre. La hausse des ventes chez les armuriers concerne surtout les armes non létales d'autodéfense, accessibles à tous les particuliers. Des armes dites de catégorie D : matraques, bombes lacrymogènes, mais aussi pistolets. Même s'ils ressemblent à des vrais, ceux-ci ne peuvent pas tuer. Pour s'en procurer, pas besoin de permis. Il suffit en effet d'être majeur. "Ce type de pistolet fonctionne avec des petites bombes de CO2 qui permettent de propulser des projectiles, des petites boules en caoutchouc", précise le gérant de l'armurerie. 

Pour cette cliente venue s'équiper, l'attentat du 29 octobre a été le déclencheur. "C'est le deuxième attentat à Nice, et c'est déjà beaucoup trop. J'ai donc décidé d'acheter une bombe lacrymogène et un pistolet à gaz", confie-t-elle. D'après le journal Nice-Matin, les autorités locales s’inquiètent du nombre accru de personnes interpellées en possession d’armes depuis l’attaque terroriste à la basilique Notre-Dame. Après les attentats de 2015, de nombreux Parisiens apeurés avaient poussé les portes des armureries pour se renseigner sur les possibilités d'obtenir une arme à feu, rapportait à l'époque Le Figaro.

Ce que dit la législation française

Contrairement aux Etats-Unis, la législation française est faite pour décourager d'acquérir une arme à feu. Depuis 2013, les armes sont d'ailleurs classées en quatre catégories en fonction de leur dangerosité, comme le rappelle le site de l'Union française des amateurs d'armes (UFA). Les armes de catégorie A, considérées comme les plus dangereuses et parmi lesquelles figure notamment la kalachnikov, sont strictement interdites. 

Quant aux armes de catégories B et C, qui regroupent principalement les pistolets et les fusils de chasse, elles sont respectivement soumises au régime d'autorisation et de déclaration. Les armes de catégorie B nécessitent en outre une autorisation spécifique du ministère de l'Intérieur, sans quoi elles sont inaccessibles aux particuliers, tandis que les armes de catégorie C requièrent l'obtention d'une licence de tir agréée par le ministère des Sports ou d'un permis de chasse. 

Dans tous les cas, le demandeur doit justifier d'un besoin réel pour acquérir et détenir une de ces armes. Et, quel que soit le modèle, il est strictement interdit de la garder sur soi. Létale ou pas, l'arme doit rester à la maison. "C'est un délit qui est puni d'une peine d'emprisonnement d'un an et d'une amende de 15.000 euros", précise Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental unité SGP Police (Alpes-Maritimes). La police souligne aussi que même une arme de catégorie D ne peut être utilisée qu'en cas de légitime défense. C'est-à-dire pour se protéger d'une attaque immédiate lorsque c'est la seule solution.

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