VIDÉO - "Nous n'avions plus à boire" : bloquées des heures à bord de leur TGV, des naufragées du rail témoignent

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TÉMOIGNAGE - Emmanuelle Birraux fait partie des centaines de voyageurs de la SNCF ayant connu une nuit de galère entre dimanche et lundi. Alors que son train, qui devait rallier Dax à Paris, n'a jamais pu rejoindre la capitale, elle s'est retrouvée déroutée vers Hendaye, d'où elle espère maintenant pouvoir repartir.

Une nuit de galère... et un début de colère. Comme des centaines de voyageurs de la SNCF ayant connu une nuit infernale entre dimanche et lundi, Emmanuelle Birraux se souviendra longtemps de ce trajet de retour tout sauf banal. Une "panne électrique" près de Dax a provoqué une énorme pagaille sur les rails dans le Sud-Ouest. Le train d'Emmanuelle, qui devait partir de Dax dimanche à 15h pour rejoindre Paris, a finalement quitté la sous-préfecture des Landes vers 23h... mais n'est jamais sorti de Nouvelle-Aquitaine, se retrouvant dérouté vers Hendaye après de longues heures à l'arrêt. 

Les passagers entre calme résigné et exaspération

Depuis le quai encore sombre, très tôt ce matin, Emmanuelle Birraux a témoigné au micro de LCI. "Arrivés à peu près à une heure de Dax, on nous a annoncé que l'on allait rebrousser chemin, repasser par toutes les gares jusqu'à Hendaye",  raconte-t-elle (voir la vidéo en tête de cet article). "Il était déjà 2h du matin, puis on nous a dit que ça allait être un peu compliqué niveau logement, et que ceux qui n'avaient pas la possibilité de rentrer chez eux ou de trouver un hôtel pourrait dormir dans le train." 

Malgré une situation cauchemardesque, "les gens étaient très calmes", continue Emmanuelle. "C’est d’ailleurs un commentaire qu’a fait le chef de gare, qui nous a félicités pour le calme qu’on a pu avoir pendant le trajet et tous les événements". Alors qu'elle ne savait toujours pas si elle allait pouvoir rallier la capitale ce lundi, elle estimait que les voyageurs pourraient désormais rapidement perdre patience après un tel périple :  "Maintenant, je pense que ça va changer un peu. (…) On ne nous a donnés aucune indication quant à de possibles trains supplémentaires pour demain. On voit que tous sont complets pour revenir ce lundi à Paris, qu’aucun ne voyagera avant midi…"

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Dans un autre train, également bloqué à quelques dizaines de kilomètres, le calme n'a duré que quelques heures, avant que l'inquiétude et l'exaspération l'emportent. "C'est un retour de vacances, il y a beaucoup de familles, avec des bébés, donc les heures avançant tout le monde s'est mis à crier de faim et de fatigue", a témoigné à son tour Béatrice Lecouturier, depuis le TGV dans lequel elle vient de passer 17 heures. "Il y a eu des moments de tension, nous n'avions plus à boire, car le bar [du train] s'est épuisé très vite".

En vidéo

Béatrice Lecouturier, passagère d'un Biarritz-Paris, bloquée depuis 17h

Son Biarritz-Paris devait partir à 12h13 dimanche. Après un départ décalé à 14h45, "le trajet s'est bien passé jusqu'à Bayonne", explique Béatrice Lecouturier. Puis l'avancée a été de plus en plus difficile, jusqu'à ce que le train soit bloqué vers 1h du matin à Ychoux, dans les Landes. Alors, au milieu de la nuit, "la SNCF s'est décidée, bien trop tardivement, à nous faire changer de TGV puisque le notre ne fonctionnait plus", raconte la passagère. 

Même récit de "transbordement" ubuesque de la part de Justine Sagot, journaliste pour LCI elle aussi présente dans le train au départ au Dax. "L'opération a duré trois heures puisqu'on a du changer de train au milieu de la nuit, en rase campagne, plongés dans le noir car il y avait une panne d'électricité", témoigne-t-elle ce matin. Panne d'électricité qui signifiait également coupure de l'aération et de la clim, en période de pandémie. "La SNCF nous a apporté des masques vers 6h du matin, avec enfin de l'eau et de la nourriture, dont nous manquions depuis 21h la veille". 

Les trains sont repartis en début de matinée

Selon Justine Sagot, les problèmes de communication de la SNCF sont dû à "la situation ubuesque pour tout le monde". Retards aux départs, arrachage de caténaire, pannes électriques, "c'était une succession d'incidents et de malchance", explique-t-elle. "Lors d'une courte pause dans une gare, le chauffeur du train m'a assuré qu'il n'avait jamais vu ça en 30 ans de carrière". 

Aux alentours de 7h ce lundi, les voyageurs voyaient enfin de nouveau défiler le paysage. "Entre hier 16h et ce matin, nous n'avions parcouru qu'une centaine de kilomètres", se désespère Justine. Après une courte nuit, Béatrice espère comme le reste des passagers "arriver le plus vite possible à Paris, chose qui n'est même pas certaine", craint-elle. 

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