Seuls avec la peur du Covid : pendant le confinement, les sans-abris encore plus isolés

Seuls avec la peur du Covid : pendant le confinement, les sans-abris encore plus isolés
Population

SEULS - Alors que les mesures de confinements instaurées le 17 mars dernier imposent à tous de rester chez soi, les sans domicile fixe se trouvent encore plus isolés qu'avant. Le Samu social maintient son numéro d'urgence et des places d'hôtels ont été débloqués pour accueillir les sans-abris. Une équipe de TF1 a suivi une maraude du Samu Social de Paris.

Des quartiers désertés par les riverains, rendant encore plus visibles ces personnes d’habitude invisibles. A Paris, le confinement mis en place le 17 mars dernier isole de fait les sans-abris, qui ne trouvent quasiment personne pour un peu de monnaie ou de quoi manger. Selon les chiffres de la mairie de Paris enregistrés lors de la nuit de la Solidarité en février dernier, plus de 3.550 personnes dorment à la rue dans la capitale, un nombre resté stable par rapport à l'année précédente.

"Il faut que les gens ne sortent pas. Mais quand vous n’avez pas un autre endroit où aller que la rue, comment voulez-vous ?", confie Marie, à la rue depuis 4 ans, à notre journaliste. Les rares passants que cette septuagénaire rencontre dans le quartier désert de l’Opéra, habituellement si animé, "ont peur de s’approcher" d’elle. "Alors ils restent à une très grande distance", explique-t-elle. 

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Alors, comment leur porter secours en cette période de quarantaine et de distanciation sociale ? Le numéro d’urgence du 115, lui, reste accessible et reçoit toujours plus de 1.000 appels par jour à Paris. Aujourd’hui, l'accueil d’urgence a été repensé au vu des conditions : il ne s’agit plus de trouver aux personnes qui appellent une place le temps d'une nuit, mais bien des hébergements jusqu’à la fin du confinement. En trois semaines, le 115 a pu aider 1 500 sans-abris à trouver un lit. "Il y a des places qu’on avait initialement au 115 qui ont fermé par mesure du confinement", raconte Marie Bourges, écoutante sociale. "Donc les gens se sentent encore plus isolés."

Et dans les rues de la capitale, les maraudes nocturnes du Samu social se poursuivent. "« Il y a des métiers qui peuvent s’arrêter mais le notre, s’il s’arrête, c’est condamner des gens à beaucoup de difficultés, voire à la mort." Beaucoup des sans-abris rencontrés par ces équipes se disent inquiets d’être contaminés par le Covid-19. "Ils sont inquiets parce qu’ils n’ont pas plus d’informations sur ce qu’il se passe", explique Jérémy Olive, chauffeur accompagnant du Samu. 

Alors quand une solution de logement, même temporaire, survient... "c’est comme un paradis pour moi : sortir de la rue pour aller dormir au chaud", confie une femme qui n'a pu commencer son nouvel emploi en raison du confinement. Celle-ci vient d'apprendre qu'elle sera logée à l’hôtel jusqu’à ce que le confinement soit levé.

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 5.467 places d’hôtels supplémentaires ont été mobilisées en France, a annoncé dimanche 29 mars le ministère du Logement dans un communiqué, portant le nombre total à 7.800 places d'hébergement de personnes sans domicile fixe, ainsi que 2.800 places dans 73 sites de confinement pour les personnes malades du Covid-19. Au total, l'Etat a débloqué une enveloppe de 65 millions d'euros pour venir en aide aux sans-abris, aussi bien en termes de nourriture que d'hébergement. 

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