"Pas plus de danger ici qu’ailleurs" : en Catalogne, des touristes français dubitatifs devant les conseils de Castex

"Pas plus de danger ici qu’ailleurs" : en Catalogne, des touristes français dubitatifs devant les conseils de Castex
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ESPAGNE - La Catalogne, l'une des destinations phares de l'été, doit faire face à une recrudescence de l'épidémie de Covid-19. Le Premier ministre Jean Castex a déconseillé aux Français de se rendre dans cette région du nord-est de l'Espagne. Une recommandation qui n'a pas été comprise par les rares touristes et les commerçants sur place.

Pour les touristes français qui se rendent actuellement en Catalogne, les vacances ne démarrent pas sous les meilleurs auspices. Le gouvernement catalan a en effet ordonné vendredi la fermeture des discothèques et bars de nuit, alors que le pays doit faire face à un recrudescence de l’épidémie. En 24 heures, environ 1.500 cas confirmés d’infection au nouveau coronavirus (Covid-19) ont notamment été enregistrés dans la région (pour plus de 2.000 dans toute l'Espagne).

Pour rappel, les autorités locales avaient demandé il y a une semaine aux 4 millions d'habitants de Barcelone de se confiner sauf urgence. Pour limiter la propagation du virus, la Protection civile régionale a également instauré un couvre-feu à minuit pour les établissements de jeux, les casinos, les bars ainsi que les restaurants. La mesure, effective à partir de ce samedi et pour deux semaines, intervient à peine un mois après la levée d'un strict confinement. 

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Le Premier ministre français Jean Castex a d'ailleurs "vivement recommandé" vendredi aux Français d'"éviter" de se rendre en dans cette région du nord-est de l’Espagne, très fréquentée pendant l’été. "Nous sommes en discussion avec les autorités espagnoles et catalanes pour que celles-ci veillent à ce que, dans l'autre sens, les flux soient les plus limités possibles", a-t-il ajouté. 

Pour l’heure, la frontière entre les deux pays reste néanmoins ouverte. "Les foyers de contagion ne sont pas propres à la Catalogne, il y en a dans tous les territoires et tous les pays", a réagi dans la foulée le gouvernement régional catalan.

C’est une déclaration sur l’honneur. Chacun peut dire ce qu’il veut.- Une touriste française, à l'aéroport de Barcelone.

Pour les vacanciers en provenance de l'étranger, les contrôles débutent dès la sortie de l’avion. Chaque voyageur est invité à remplir un questionnaire de santé où il doit indiquer les coordonnées de son lieu de résidence. "Il faut confirmer qu’on n’a pas de fièvre et qu’on n’est pas malade", explique à TF1 un voyageur, en provenance de Paris. "C’est quand même assez anxiogène", témoigne une autre touriste française. "C’est une déclaration sur l’honneur alors chacun peut dire ce qu’il veut", ajoute-t-elle, un peu désabusée.

Quoi qu'il ne soit, ce samedi matin, dans la capitale régionale de la Catalogne, les rues étaient quasiment désertes. Depuis le 9 juillet, le port du masque y est obligatoire, comme dans toute l'Espagne. Et la fréquentation des établissements a été réduite à 50%. Les rares touristes qui arpentent les artères de la ville ne comprennent pas l’appel des autorités françaises les invitant à éviter la zone. "Il n’y a pas plus de danger ici qu’ailleurs. Le gouvernement français veut que les gens restent en France", suppute une touriste française, qui déplore l'attitude alarmiste de Paris.

Nous réalisons 80% de notre chiffre d’affaires entre minuit et 3 heures du matin- Eric, propriétaire d'un bar de nuit à Barcelone.

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Les recommandations du gouvernement français sont aussi une mauvaise nouvelle de plus pour tous les professionnels. Huit hôtels sur dix sont restés fermés au mois de juillet en Catalogne. Et beaucoup comptaient sur le mois d’août pour retrouver une santé financière."Cette année, le peu de gens qui viennent en Catalogne sont en grande majorité des Français. Et encore, ils sont inquiets", constate un restaurateur. "C’est une mauvaise nouvelle. Cela ne va pas arranger les choses", s'inquiète-t-il.

Dans une ville qui vit principalement la nuit, l'annonce de l'instauration d'un couvre-feu à partir de ce samedi soir devrait encore accentuer la difficulté de la situation. Premiers concernés, les bars de nuit. "Nous réalisons 80% de notre chiffre d’affaires entre minuit et 3 heures du matin. A cela, il faut ajouter 50% de capacité réduite. Le calcul est rapidement fait", s'alarme Eric, propriétaire d’un établissement à Barcelone. Pour lui comme pour les autres, les conséquences économiques de ces nouvelles restrictions pourraient conduire à des faillites. L'été 2020, une saison touristique à oublier.

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