Pour conjurer la crise, des boîtes de nuit se transforment en... bars

Pour conjurer la crise, des boîtes de nuit se transforment en... bars
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REPORTAGE - Depuis le déconfinement, les boîtes de nuit n'ont toujours pas l'autorisation d'ouvrir, contrairement aux bars. Alors pour limiter la casse, certains patrons de discothèques ont transformé leurs établissements pour fonctionner comme des bars.

Six mois après le début du confinement, les boites de nuits demeurent toujours fermées. L'interdiction d'ouverture n'a pas été levée et certains patrons d'établissements ont été contraints de mettre la clé sous la porte, illustration d'un secteur exsangue en raison de la crise sanitaire. A contrario, certains ont décidé de se reconvertir en bar pour éviter la faillite. Des démarches qui ont un coût et qui sont strictement encadrées dans leur application. 

A Nantes, la discothèque Le Loft fait partie de ces "reconvertis". Exit les pistes de danse, les clients désireux de se déhancher sont priés de se rasseoir, la capacité d'accueil a été réduite de moitié et le niveau sonore a été limité. Un agent de sécurité circule entre les tables pour faire appliquer les règles de distance sanitaire et le port du masque. 

Pour arriver à ce changement de statut, Le Loft a pu compter sur ses deux classifications : P (pour piste de danse) et N (bars et restaurants). Mais d'autres doivent engager des démarches administratives pour y parvenir. Le patron de La Bourse caennaise, a par exemple payé 3.000 euros : "Juste pour faire un dossier complet", dit-il à TF1. Mais, selon lui, c'est la concurrence des bars qui, à l'inverse "se prennent pour des discothèques", qui pose problème. 

Une rencontre avec le ministre délégué aux TPE/PME le 18 septembre

En France, le secteur, au sens large, compte environ 6.000 établissements, qui emploient 100.000 salariés et génèrent deux milliards d'euros de chiffres d'affaires selon l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) Nuit France. En juillet dernier, le ministre délégué aux PME (Petites et moyennes entreprises), Alain Griset, avait annoncé plusieurs mesures pour leur venir en aide : un fonds de solidarité de 1.500 €, les charges fixes des mois de juin, juillet et août prises en compte jusqu'à 15.000 euros par mois, "soit au total une moyenne de 45.000 € sur présentation de justificatifs".

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Actuellement, précise le syndicat, "la situation économique pour les hôtels, cafés, restaurants, traiteurs et discothèques est toujours extrêmement critique (...)  A très court terme, 15% de nos établissements sont menacés de fermeture, faute de trésorerie et de perspectives",  prévient Roland Héguy, son président, dans un communiqué. Le syndicat national des boites de nuit et lieux de loisirs annonce quant à lui une rencontre avec le ministre délégué aux  TPE/PME , Alain Griset, le 18 septembre.

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