VIDÉO - Sécheresse : et si les eaux usées étaient la solution ? Des agriculteurs tentent l'expérience

VIDÉO - Sécheresse : et si les eaux usées étaient la solution ? Des agriculteurs tentent l'expérience
Population

SYSTÈME D - Avec un retour à la hausse des températures en fin de semaine, la sécheresse risque bien de s'aggraver. Pour l'heure, 73 départements sont en situation d'alerte. Un contexte difficile pour les agriculteurs qui peinent à irriguer leurs cultures. Certains ont donc décidé de se tourner vers les eaux usées.

Années après années, la sécheresse ne cesse de gagner du terrain en France. 73 départements sont actuellement en situation d'alerte, et cela pourrait bien s'aggraver avec la hausse des températures attendues en fin de semaine. Après l'or et le pétrole, voici donc venu le temps de la ruée vers l'eau. Et tous les moyens sont bons... 

Pour ce vigneron de l'Aude, un des départements les plus arides du pays, la solution est peut-être à chercher du côté des eaux usées. Avant, avec la sécheresse, son vignoble enregistrait jusqu'à 50% de pertes, désormais avec l'eau de la station d'épuration, il peut irriguer sans problème ses 15 hectares de vignes. "La seule ressource pour l'instant qui nous est proposée c'est celle-ci, c'est de l'eau usée à l'origine. Je me suis proposé de tester en tant que cobaye", raconte Lilian Copovi, le président de la Coopérative "Vignobles Cap Leucate", dans le 20h de TF1.

Le principe est simple, au lieu d'être déversée entièrement dans un ruisseau, l'eau est dirigée jusqu'à un bassin de stockage, puis traitée avec du sable et des rayons UV. Un dispositif néanmoins coûteux : 360 000 euros, pris en charge pour moitié par l'Etat.

Une méthode encore peu connue

Une question se pose malgré tout : cette eau est-elle sans danger pour les consommateurs ? Alors que chaque mois des analyses sont réalisées, pour Gaëtan Deffontaines, ingénieur dans le service de distribution des eaux BRL Exploitation à Port-la-Nouvelle (Aude), la réponse est oui. "Aujourd'hui, je peux dire qu'il n'y a pas de risques, enfin le risque zéro n'existe pas, mais on a limité énormément les choses", dit-il. 

Lire aussi

Avec une consommation souvent supérieure à la ressource, cette méthode de recyclage de l'eau, encore peu connue en France, pourrait donc bien être la panacée. D'autant que nous sommes en retard par rapport à nos voisins européens. Ainsi, on utilise moins de 1% de nos eaux usées, contre 8% pour l'Italie et 14% pour l'Espagne. "Les besoins seront de plus en plus importants pour l'agriculture, les sécheresses seront de plus en plus marquées l'été. La réutilisation des eaux est vraiment un avenir", confirme Karine Bonacina, la directrice de la délégation de Montpellier de l'Agence de l'eau Rhône, Méditerranée, Corse.

Toute l'info sur

Le 20h

Un avenir qui laisse toutefois certains maraîchers sceptiques, notamment ceux qui font de l'agriculture biologique. Les règles à suivre interdisent en effet l'irrigation aux eaux usées ; ces derniers ne veulent donc prendre aucun risque. A l'image de Jérome Bourrinet, agriculteur au Mas du Col des Muzels : "Quand j'ai fait ma formation en 2011, on nous expliquait qu'il y avait des médicaments qu'on retrouvait dans les tests des eaux, certainement très dilués, qui pouvaient se retrouver du coup dans les légumes que l'on mangeait", souligne-t-il.

Pour autant, d'ici 5 ans, le gouvernement entend multiplier par trois le volume d'eaux usées réutilisées.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent