VIDÉO - Suicide dans les forces de l'ordre : "J'étais crevé, j'ai pris mon arme et je me la suis mise dans la bouche", témoigne un policier

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TÉMOIGNAGE - Alors que l'ensemble des syndicats de police appelle à des rassemblements ce vendredi, devant les commissariats, après deux nouveaux suicides de fonctionnaires jeudi, l'un d'entre eux, qui a lui-même pensé au pire il y a quelques mois, raconte ce "cercle vicieux".

Pendant vingt ans, il a fait de son métier sa priorité au point d'avoir sacrifié son couple. Mais il y a quelques mois, ce policier avoue s'être senti au pied du mur et avoir pensé au pire. "C'est le cercle vicieux, on rentre un soir, on regarde chez soi et c'est vide et ce jour là on se dit 'j'ai tout sacrifié et ça ne va encore pas'," témoigne-t-il pour LCI, alors que deux nouveaux fonctionnaires se sont suicidés ce jeudi. 


"Ce soir là, ça a été un électrochoc pour moi, je m'en souviendrai toute ma vie", poursuit-il, avant de détailler. "J'étais crevé, j'ai pris mon arme, je me la suis mise dans la bouche, j'ai levé les yeux, j'ai vu la photo de ma fille, j'ai repensé aux gens qui se sont suicidés et que j'ai pu ramasser dans ma vie et là je me suis dit : non je ne peux pas lui imposer ça, j'ai pas le droit."


S'il s'est finalement ravisé, ce n'est pas le cas de 28 fonctionnaires qui se sont donnés la mort depuis le début de l'année.

"Quelque part, on doit être un sur-homme"

Il y a quelques années, Franck, ex-policier, a lui préféré quitter son uniforme pour se préserver. "J'allais y laisser ma peau, ça reste encore un sujet tabou d'aller voir un psychologue, un psychiatre, d'aller voir la hiérarchie pour dire : "ca ne va pas, je me sens pas bien", explique-t-il à LCI. Et de poursuivre : "c'est un sujet tabou parce que quelque part, on est un fonctionnaire de police, on doit être donc quelque part un sur-homme".


Devant l’augmentation des suicides cette année, les syndicats de police en appellent au ministre de l’Intérieur et exigent qu'un plan d'action soit rapidement mis en oeuvre. Ce vendredi, des rassemblements sont organisés de 11h30 à 12h, devant les commissariats.

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