Tempête Alex : pouvait-on éviter un bilan aussi lourd dans l'arrière-pays niçois ?

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INFOGRAPHIES - Trois jours après les pluies torrentielles qui ont ravagé de nombreux villages du sud-est de la France, focus sur les raisons qui peuvent expliquer ce désastre.

Dans le jargon météorologique, on appelle cela un "épisode méditerranéen". Et la dénomination en soi démontre qu'il y avait là quelque chose de connu, voire d'attendu. La vigilance rouge, d'ailleurs, avait été annoncée. Mais alors, comment expliquer, dans ce cas, l'ampleur des dégâts causés par les pluies et les crues qui ont dévasté, vendredi 2 octobre, l'arrière-pays niçois et le nord de l'Italie, faisant au moins quatre morts ?

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Une topographie spécifique

Premier élément de réponse : que l'on parle de Saint-Martin-Vésubie, Roquebillière, Breil, Fontan ou des autres villages touchés, tous ont la même topographie. Ce sont des villages encaissés, nichés à flanc de montagnes, elles-mêmes bordant des vallées étroites et très profondes.

Surtout, tous ont été construits le long de cours d'eau, tels la Tinée, la Vésubie ou la Roya. Soit des cours d'eau peu habitués à de tels déchaînements, la profondeur des vallées faisant habituellement rempart aux crues. Ce qui dit le caractère absolument exceptionnel de ce phénomène météorologique.

Les conséquences de la sécheresse

"La rivière montait de temps en temps quand il y avait des fortes pluies, mais sans plus", souligne une habitante. Sauf que cette fois, ces pluies sont tombées après de longs mois de sécheresse. En conséquence, les sols, très durs, ont fait office de toboggans, faisant non seulement glisser l'eau, mais la faisant aussi gagner en puissance... Et en hauteur. Exemple à Tournefort, où l'on a mesuré, vendredi matin, -0,2 mètre d'eau, soit une hauteur bien en-dessous de la normale, contre 6,71 mètres quelques heures plus tard.

Trop de constructions en bord de rivière

En outre, ces villages ont beaucoup construit ces dernières années, s'étendant parfois loin... "Il y a eu quelques constructions en bord de rivière, effectivement, dont certaines sur le lit majeur de la Roya. Certaines n'auraient jamais dues être autorisées, affirme ainsi, catégorique, Léonore Hunebelle, membre de l'association Roya Expansion Nature. "Il y a eu une pression pour être à côté de la rivière. Et il y a eu un certain laisser-faire des pouvoirs publics, qui n'ont pas pensé aux crues centenaires", ajoute-t-elle.

Un constat que les chiffres traduisent : à Saint-Martin-Vésubie, on comptait 1.041 habitants en 1990, contre 1.411 trente ans plus tard, soit une augmentation de 40%. "Même si on n'a pas tenu compte de l'ampleur des torrents et de leurs lits majeurs, on a peut-être pas non plus perçu que les versants au-dessus desquels pouvaient être construits les habitations étaient très instables", ajoute, pour sa part, Yvette Veyret, géographe et spécialiste des risques naturels. Une roche sujette aux glissements de terrain sur laquelle, explique-t-elle enfin, "il faudra sans doute construite différemment".

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