"Ce magasin, c’est toute ma vie" : le combat de Tiphaine pour sauver sa librairie

"Ce magasin, c’est toute ma vie" : le combat de Tiphaine pour sauver sa librairie

PETITS COMMERCES - À Enghien-les-Bains, Tiphaine Benzaken-Sadoun, libraire pour enfants, se bat tous les jours pour maintenir son activité malgré le confinement. Click and collect, vente en ligne, livraison à domicile... la jeune femme utilise tous les moyens possibles pour résister.

Comme de nombreux petits commerçants depuis le 30 octobre dernier, date du début du deuxième confinement, Tiphaine Benzaken-Sadoun a dû fermer les portes de sa librairie pour enfants au public, à Enghien-les-Bains, dans le Val-d'Oise. Pour autant, la jeune femme n'entend pas stopper ses activités et a décidé de résister en employant tous les moyens possibles pour faire vivre sa boutique. "Ce magasin, je l’ai ouvert il y a trois ans. C’est toute ma vie. Si je ferme, je mets la clé sous la porte", explique la libraire au micro de TF1.

Elle garde ainsi sa librairie ouverte, mais doit la fermer au public, les clients devant rester sur le pas de la porte. "Ce sont les consignes. Vu que l’arrêté a été assez précis pour l’ouverture des magasins, je ne prends pas le risque qu’un policier passe et voit un client à l’intérieur", ajoute la jeune femme. Grâce au système de click and collect, elle réalise deux ou trois transactions par jour, à une période où elle est censée réaliser un tiers de son chiffre d’affaires annuel.

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La France sort progressivement de son deuxième confinement

Pas de salaire depuis mars

Dans cette période, son stock est au plus haut avec des dizaines de milliers de livres à écouler,  et chaque jour les nombreux livres reçus s’amoncellent dans sa librairie. "Novembre, c’est Noël. Je vends tous les livres qui vont préparer à l’ambiance de Noël. Ici, tout s'accumule chaque jour", se désole Tiphaine. Par téléphone ou en ligne, Tiphaine perd tous les achats impulsifs, les livres choisis au hasard des rayons, mais aussi sa possibilité de conseiller la clientèle. 

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Si la libraire rentre dans ses frais et parvient à payer son prêt, son loyer et son employée, elle ne s'est versée aucun salaire depuis le mois de mars, date du premier confinement : "J’ai survécu à un premier confinement, je ne crois pas survivre au deuxième, parce que, quand vous avez l’habitude de rentrer 1 000 euros par jour, et que le soir, quand vous fermez, vous avez rentré 40 euros, ça vous fait peur."

Si je coule, ce ne sera pas de ma faute, j’aurais vraiment tout fait pour y arriver.- Tiphaine Benzaken-Sadoun, libraire à Enghien-les-Bains, dans le Val-d'Oise.

À défaut de conseiller et de "raconter des histoires aux gens", comme elle aime le dire, elle effectue des livraisons dans tout le département. Un travail de tous les instants récompensé par la fidélité de quelques clients, désireux de voir la librairie perdurer. "On n’a pas envie de voir ces petits commerces fermer. Je vois que c’est une grande passionnée, elle reste tard le soir à la librairie. Je pense que j’achète deux fois plus en période de confinement (rires)", indique une cliente interrogée lors d'une livraison à domicile de Tiphaine.

"J’ai pour leitmotiv de me dire : 'J’aurais tout essayé'. Si je coule, ce ne sera pas de ma faute, j’aurais vraiment tout fait pour y arriver", déclare Tiphaine Benzaken-Sadoun. Le livre étant le cadeau le plus offert par les Français à Noël, elle espère pouvoir recevoir à nouveau des clients début décembre pour perpétuer la magie de Noël.

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