VIDÉO - Faute de passagers, Air France se rabat sur le fret de marchandises

Sur le front économique, le trafic aérien atteint seulement 25% de son niveau habituel. Et faute de passagers, les compagnies aériennes cherchent à développer leur activité de fret.

AÉRIEN - Avec un avion sur deux cloué au sol, la compagnie française se rabat sur le fret de marchandises pour limiter ses pertes. Quarante vols sans le moindre client à bord sont assurés chaque semaine.

Si Air France peine à remplir ses avions avec des passagers en raison de la crise sanitaire, c’est tout le contraire un étage plus bas, dans les soutes. Avec la moitié de sa flotte clouée au sol, la compagnie perd environ 10 millions d'euros par jour. Pour limiter les pertes, elle mise en effet aujourd'hui sur le fret de marchandises.

"La demande est désormais plus forte que d’offre, ce qui nous permet d’augmenter nos tarifs", explique Christophe Boucher, directeur d'Air France Cargo. "En remplissant bien les avions, cela nous permet de rentabiliser un vol même sans passager", soutient-il.

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En l’absence de valises, on peut charger 20% de marchandises en plus- Un responsable du fret chez Air France

À la gare de fret de la compagnie, l’activité a ainsi repris son niveau d’avant la pandémie. Pas moins de 13.000 tonnes de marchandises y transitent chaque semaine. "Habituellement, la capacité de chargement d’un avion de ligne rempli de passagers est d’environ 100 tonnes. Mais en l’absence de valises, 20% de marchandises en plus peuvent être chargées à bord", explique un responsable. 

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Le plus souvent, il s'agit de produits alimentaires. "On peut trouver des litchis et des ananas de l’île de la Réunion, des avocats de Colombie, mais aussi des mangues d’Amérique du Sud, de la viande argentine ou bien encore des poissons qui arrivent de nos destinations africaines", liste-t-on à la gare de fret d’Air France. Mais à l’approche de Noël et des fêtes de fin d’année, les livraisons de colis vont se multiplier.

DHL prévoit une croissance d'au moins 40% d'ici à 2025

Une aubaine aussi pour les entreprises de livraison dont l'activité ne connaît pas la crise. Le leader mondial de la livraison express DHL prévoit une croissance d'au moins 40% d’ici à 2025. "Nous faisons face à une augmentation considérable des échanges grâce au e-commerce qui a explosé avec la pandémie, explique Philippe Prétat, PDG DHL Express France. Face à la hausse de la demande, l'entreprise doit inaugurer d'ici à quelques mois un centre de tri flambant neuf à proximité de Roissy. De quoi trier 120.000 colis chaque jour, soit trois fois plus qu'actuellement.

Le secteur du transport aérien, l'un des plus affectés par la crise, a été quasiment mis à l'arrêt durant les mois d'avril à juin du fait des mesures de confinement et de fermetures des frontières décidées par la plupart des pays du monde afin de limiter la propagation du Covid-19. Le groupe Aéroports de Paris (ADP), qui a perdu plus de la moitié de son chiffre d'affaires depuis le début l'année, anticipe une baisse d'activité de 70% en 2020. Selon lui, il faudra attendre 2024 voire 2027 pour revenir au niveau de 2019.

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