VIDÉO - "Je ne suis peut-être pas leur père, mais eux sont mes enfants" : l'art délicat d'être beau-papa

VIDÉO - "Je ne suis peut-être pas leur père, mais eux sont mes enfants" : l'art délicat d'être beau-papa

FAMILLES RECOMPOSÉES - Ils sont trois fois plus nombreux que les belles-mères dans la vie des enfants. Et pourtant, les beaux-pères cherchent leur place. Une tâche pas toujours facile, d'autant que ce statut n'existe pas vraiment aux yeux de la loi.

Dans la littérature, les beaux-parents apparaissent plus souvent sous les traits de la marâtre de Blanche-Neige que de son pendant masculin. Et pourtant, les beaux-pères sont loin d'être des seconds rôles. A l'ère de la famille recomposée, ils sont même trois fois plus nombreux (584.000) que les belles-mères (212.000) dans la vie des enfants, selon une étude publiée cet été par l'Insee.

En effet d'après cette enquête, les trois quarts des enfants mineurs habitant avec un seul de leurs parents vivent avec leur mère, soit en famille monoparentale, situation la plus fréquente, soit en famille recomposée. Et dans ce dernier cas, il s’agit le plus souvent d’une mère vivant en couple avec un homme, qui est donc un beau-père. Malgré cela, on parle très peu de ces hommes qui s'occupent parfois à temps plein des enfants de leur conjointe. Le JT de 20H de TF1 leur consacre un reportage grand format dans la vidéo en tête de cet article.

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"L'implication de l'homme a évolué"

On y fait ainsi la connaissance de Stéphane, en couple avec Annabelle, maman de Faustine, 11 ans, Arthur, 14 ans, Vanille, 19 ans, et de la petite dernière Victoire, 6 ans, qu'ils ont eue ensemble. "Ça a été intense parce que quand j'ai rencontré Annabelle, il y en avait déjà trois. Donc il a fallu s'y mettre et assez vite", raconte-t-il aux journalistes de TF1. Et pour tisser des liens, une seule solution : se trouver des points communs. Pour Arthur, la figure masculine qu'il représente a facilité les choses. "C'est le seul homme de la famille donc on peut plus parler avec lui. Je le considère comme quelqu'un de ma vraie famille, puisque depuis tout petit je vis avec lui la semaine", confie ''adolescent.

Mais se faire une place dans une famille déjà construite n'est pas toujours chose aisée. Ainsi, dans cette famille recomposée, Stéphane est à la fois père et beau-père, deux statuts différents qui ont suscité quelques jalousies. "Je ne me substitue pas au père, ils n'en ont qu'un, mais comme je le leur dis souvent, je ne suis peut-être pas leur père, mais eux sont mes enfants. Ça fait bientôt neuf ans que je les connais, que je les ai élevés, nourris, blanchis. Quand ils étaient malades, je les veillais", souligne-t-il. 

Pour le sociologue de la famille Julien Damon, c'est justement l'implication de l'homme qui a évolué et qui explique ce changement dans la société. "Les pères sont plus présents avec leurs enfants, que ce soit les enfants qu'ils onts eu avec la maman ou les enfants qu'ils élèvent sans en être le père biologique. Comme les pères sont de plus en plus présents, les beaux-pères le sont également".

Un statut mal défini

Malgré tout, la figure du beau-père demeure floue, mal définie. A 48 ans, Dany n'a pas d'enfant. Installé avec Kika et sa fille Daria depuis trois ans, il prend son rôle de beau-père très au sérieux, gérant les après-midis de sa belle-fille ou l'emmenant chez le médecin. Pour autant, ces simples tâches de la vie quotidienne peuvent parfois tourner au parcours du combattant. Un beau-père peut il accompagner ses beaux-enfants à l'école ou leur faire passer un examen médical ? En théorie, non. Car aux yeux de la loi, les beaux-parents n'existent quasiment pas. "Le statut du beau-père n'est pas reconnu", confirme Dany. "Daria et moi, on se connaît donc on n'a pas besoin de faire d'attestation, mais ce serait bien que légalement, il y ait automatiquement une espèce de statut logique et normal", dit-il. 

Pourtant ce statut existe bel et bien, cela s'appelle une délégation partage de l'autorité parentale. "Elle permet au parent biologique de conserver des droits et donc de partager cette autorité parentale. Cela veut dire que pour tous les actes de la vie courante, dans l'intérêt de l'enfant, pour les besoins éducatifs, on va partager cet exercice", précise l'avocate Sophia Binet. Le problème, c'est que cette procédure est encore trop méconnue. De plus, elle prend plusieurs mois et exige de passer devant un juge. Par ailleurs, le parent biologique doit obligatoirement donner son accord.

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