Violences faites aux femmes : le domicile, lieu de tous les dangers

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VIOLENCES - Un rapport de l'ONU confirme qu'en matière de violences faites aux femmes, c'est bien le domicile qui est toujours le lieu le plus dangereux. Dans le monde, six femmes sont tuées toutes les heures par quelqu'un qu'elles connaissent.

Il y a les images - réelles - des agressions et des viols la nuit, dans une ruelle sombre ou sous un pont. Et puis il y a la réalité des chiffres, qui vient rétablir la dure vérité des violences faites aux femmes. Oui, les féminicides commis par des inconnus, loin de chez soi, existent. Mais dans leur immense proportion, les actes violents dont les femmes sont victimes surviennent au sein de leur entourage immédiat. 


C'est ce que confirme une étude de l'ONU publiée dimanche 25 novembre, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ainsi, plus de la moitié des femmes assassinées dans le monde en 2017 ont été tuées par leur compagnon ou des membres de leur famille, ce qui fait du domicile "l'endroit le plus dangereux pour une femme". 

Le Bureau des Nations unies sur la Drogue et la Criminalité a calculé que sur un total de 87.000 homicides de femmes dans le monde en 2017, environ 50.000 (58%) ont été commis par leur compagnon ou des membres de leur famille. Environ 30.000 (34%) ont été commis par le partenaire de la victime. "Cela représente environ six femmes tuées toutes les heures par quelqu'un qu'elles connaissent", a observé le Bureau des Nations unies sur la Drogue et la Criminalité, basé à Vienne.

Mauvais élèves : Afrique et Amériques

Dans le monde, la grande majorité (environ 80%) des victimes d'homicides sont des hommes. Ce qui n'empêche pas, a estimé l'ONU,  les femmes "de payer le prix le plus élevé en termes d'inégalité hommes-femmes, de discrimination et de stéréotypes négatifs. (...) Le fait que les femmes continuent à être victimes de ce type de violences davantage que les hommes dénote un déséquilibre dans les rapports de pouvoir entre hommes et femmes dans la sphère domestique".

Aucun progrès tangible

C'est en Afrique et aux Amériques que les femmes ont le plus de risques d'être tuées par leur compagnon ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux s'élève à 3,2 victimes pour 100.000 femmes, dans les Amériques 1,6, en Océanie 1,3 et en Asie 0,9. Le taux le plus bas est observé en Europe, où il s'élève à 0,7. Mais toujours selon le bureau de l'ONU, "aucun progrès tangible" pour combattre ce fléau n'a été fait ces dernières années "en dépit de législations et de programmes développés pour éradiquer les violences contre les femmes".

Education des petits garçons

D'où les conclusions de ce rapport qui "soulignent le besoin d'une prévention de la criminalité et d'une justice pénale efficaces pour affronter les violences contre les femmes". Elles appellent aussi à une meilleure coordination entre la police et la justice pour que les auteurs de violences soient tenus responsables de leurs actes. Et préconisent de mettre l'accent sur l'éducation. Celle, surtout, des petits garçons, dès le plus jeune âge.


En France, le numéro à composer en tant que victime de violences est le 3919.

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