Violences policières : bloquées place de la République, 15.000 personnes ont manifesté à Paris

Violences policières : bloquées place de la République, 15.000 personnes ont manifesté à Paris

BILAN - La marche prévue ce samedi contre les violences policières à Paris s'est transformée en rassemblement statique. Le cortège est resté bloqué à son point de départ tout l'après-midi, provoquant quelques tensions avec les forces de l'ordre.

Leur colère ne faiblit pas. Dix jours après la première manifestation surprise contre les violences policières, des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées ce samedi 13 juin à Paris. En tout, 15.000 personnes étaient réunies sur la place de la République, selon la préfecture de police de Paris, à l'appel du comité Adama.  

Mais si l'organisation, qui s'est imposée comme le fer de lance de la lutte contre les violences policières et le "racisme systémique" en France, avait prévu une marche rejoignant la place de l'Opéra. La préfecture de police en a finalement décidé autrement.

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Peu avant le début de la marche, Assa Traoré, la sœur de ce jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes, a pris la parole. Juchée sur une camionnette blanche, elle a invité la foule à "dénoncer le déni de justice",  réclamant à nouveau la mise en examen des agents impliqués dans cette affaire, mais aussi, plus globalement, la "violence sociale, raciale, policière". Devant elle, se trouvaient des militants, vêtus d'un T-shirt noir et blanc floqué du nom d'Adama Traoré, et des pancartes qui proclamaient que "tant que nous n'aurons pas la justice, vous n'aurez pas la paix".  

A notre micro, de jeunes participants ont précisé la raison de leur mobilisation. "C'est important pour moi d'être ici étant donné que je suis une personne noire. Je me bats en fait pour ma communauté", nous a ainsi expliqué un jeune homme quand une autre nous confiait être venue pour les générations suivantes. "Si j'ai des enfants, j'aimerais bien qu'ils soient en sécurité" (voir vidéo ci-dessous).

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"On subit beaucoup de discriminations" : paroles de manifestants

De son côté, un groupuscule d'extrême droite a voulu faire parler de lui. Devant la foule compacte, des membres de Génération identitaire ont déployé, depuis le haut d'un immeuble, une banderole rouge et blanche portant l'inscription : "Pour les victimes du racisme anti-blanc". Une banderole qui n'a pas tenu longtemps, les habitants de l'immeuble découpant rapidement le tissu pour le laisser en lambeaux. Les douze militants ont ensuite été interpellés, affirme la Préfecture de police. 

Une place, deux ambiances

Si le cortège avait prévu de s'élancer vers la place de l'Opéra, cette tentative a rapidement été avortée. Dès 15h, des gendarmes ont en effet bloqué l'accès au boulevard Saint-Martin. De quoi provoquer la colère des manifestants, qui ont d'abord scandé "laissez-nous passer" aux agents avant de se raviser et de débuter une manifestation longue et statique : "S'ils ne nous laissent pas passer, on restera sur la place de la République jusqu'à demain matin", a-t-on pu alors entendre dans les rangs des organisateurs. Une attitude que Jean-Luc Mélenchon, présent dans le cortège, a décrite comme "odieuse", avant de demander à ce que l'on "laisse les gens se déplacer".

Mais alors que d'un côté, le collectif Adama scandait des slogans et des discours, appelant notamment les personnes présentes à se mettre à genou le poing levé, de l'autre côté de la place, la tension est montée. Après près de trois heures de mobilisation statique et calme, des individus ont pris à part les forces de l'ordre, lançant des tirs de mortier et des projectiles. En réponse, la police a fait l'usage des gaz lacrymogènes. Vers 17h30, la préfecture de police a donc appelé à la foule à se "disperser" en raison "des troubles à l'ordre public causés par certaines personnes". 

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Quelques affrontements ont continué à émailler le rassemblement, bien qu'une grande partie de la place soit restée calme. Selon notre journaliste sur place, parmi ceux qui allaient à l'affrontement avec les forces de l'ordre, certains étaient des militants de la gauche radicale habitués des échauffourées. Information confirmée par une source policière qui nous a expliqué que "plusieurs dizaines d'individus" issus des mouvances de l'ultra-gauche ont "provoqué" les CRS. 

En fin de journée, des casseurs ont également tenté de piller un magasin Orange à proximité de la place de la République. Ils ont rapidement été arrêté par des organisateurs puis par les forces de l'ordre, dont Christophe Castaner a salué en début de soirée "l'engagement et le professionnalisme", présentant sa "reconnaissance" et son "indéfectible soutien" à leurs rangs. 

D'autres défilés ont également eu lieu partout en France. C'était notamment le cas à Bordeaux, où environ 500 personnes ont défilé dans une atmosphère "bon enfant", selon les mots de l'AFP. A Lyon, où la fin de manifestation s'est tendue entre quelques dizaines de manifestants et les forces de l'ordre, 2.000 personnes s'étaient rassemblées. A Nantes, ce sont un millier de personnes qui ont défilé en fin d'après-midi, tandis que dans l'Est de plus petits cortèges composés de centaine de participants ont marché à Metz , Nancy et Besançon. 

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