Violences policières : la fresque polémique de Stains va-t-elle être retouchée ?

La fresque représentant Adama Traoré et George Floyd à Stains, en Seine-Saint-Denis.
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COLÈRE - Le préfet de Seine-Saint-Denis va demander au maire de Stains d'effacer le mot "policières" de la fresque polémique inaugurée la semaine dernière dans la ville en hommage à George Floyd et Adama Traoré, a assuré le syndicat de police Alliance après l'avoir rencontré.

L'oeuvre sème la discorde. Deux cents policiers d'un côté, 150 militants du collectif "Vérité pour Adama" de l'autre : deux manifestations ont eu lieu lundi ce 22 juin en Seine-Saint-Denis pour condamner ou au contraire défendre la fresque "contre le racisme et les violences policières" récemment inaugurée à Stains. Sur un fond bleu ciel, la peinture représente les visages d'Adama Traoré, décédé le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan, après son interpellation à Beaumont-sur-Oise, et de George Floyd, mort asphyxié le 25 mai dernier lors de son arrestation à Minneapolis par un policier blanc.

Ulcérée par cette fresque, une délégation du syndicat de police Alliance a été reçue par le préfet de Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, en marge d'une manifestation à Bobigny. "Il nous a assuré qu'il allait saisir (le maire de Stains, Azzedine TaÏbi) par écrit et le mettre en demeure d'effacer le mot 'policiers' afin qu'aucun amalgame ne soit fait entre racisme, violence et policiers", a déclaré au sortir de l'entrevue Ivan Assioma, du syndicat Alliance, à l'origine du rassemblement.

Le préfet "renouvelle sa totale confiance" aux policiers

Alors qu'au même moment à Stains, quelque 150 personnes se sont rassemblées devant la fresque controversée, le préfet Leclerc a "renouvelé sa totale confiance envers les policiers du département", a ajouté le syndicaliste. Contactée par l'AFP, la préfecture de Seine-Saint-Denis n'a pas souhaité s'exprimer "au vu de la période de réserve électorale". 

"Quand vous appelez le 17 Police secours, on ne vous demande pas votre nationalité", a affirmé Grégory Goupil, du syndicat Alliance, dénonçant la "stigmatisation de toute une profession". "En 2020 ce n'est pas acceptable de dire que la police est raciste, regardez autour de vous", a-t-il ajouté en montrant les policiers rassemblés devant la préfecture. "La police est le reflet de la société".

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L'élu communiste de Stains, Azzédine Taïbi, avait fait part de ses inquiétudes quant à un rassemblement policier devant l'oeuvre murale pouvant constituer "une menace à l'ordre public". "Cette fresque est une expression artistique et pacifiste, en soutien et hommage à toutes les victimes de l'injustice", avait affirmé le maire, réélu au premier tour des municipales, estimant qu'il fallait "dénoncer les comportements inadmissibles de certains policiers qui outrepassent leurs droits."

"Si cette fresque disparaît, si une lettre disparaît, le seul responsable sera le syndicat de police Alliance", a de son côté dit Assa Traoré, la sœur d'Adama, sur des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

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