Police : Christophe Castaner interdit la méthode d'interpellation "dite de l'étranglement"

Police : tolérance zéro conte le racisme et fin de la technique dite "d'étranglement"
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FORCES DE L'ORDRE - Alors que de nouveaux rassemblements sont prévus mardi en France sur fond de débat sur les violences policières, Christophe Castaner s'exprimait lundi lors d'une conférence de presse sur "la question du racisme et de la mise en cause des forces de l'ordre". Il a annoncé l'interdiction d'une méthode d'interpellation controversée, et la suspension systématique en cas de propos racistes avérés.

Deux jours après des manifestations qui ont rassemblé près de 23300 personnes en France contre les violences policières, Christophe Castaner devait s'exprimer, lundi après-midi, à l'occasion d'une conférence de presse sur "la question du racisme et de la mise en cause des forces de l'ordre". 

A la veille de nouvelles manifestations, mardi soir, en mémoire de l'américain George Floyd, tué le 25 mai par un policier de Minneapolis, le débat sur les forces de l'ordre a repris avec vigueur en France, dans le contexte notamment de l'enquête sur le décès d'Adama Traoré en 2016.

L'Elysée a indiqué lundi qu'Emmanuel Macron avait demandé à son gouvernement "d'accélérer" dans ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l'ordre, un dossier qu'il avait déjà ouvert en janvier dernier à la suite du mouvement des Gilets jaunes. Christophe Castaner était notamment attendu sur ces sujets.

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"Tolérance zéro" contre le racisme

"Partout, des femmes et des hommes se sont rassemblés", a déclaré le ministre de l'Intérieur à propos des manifestations, rendant hommage à George Floyd. "Ce cri, je l'entends. Le racisme n'a pas sa place en République. C'est un mal abject, insupportable, qui blesse et tue."

"J'ai entendu des accusations, des mises en cause, de l'hostilité", a toutefois ajouté Christophe Castaner à propos des forces de l'ordre. "Au moment où tous les raccourcis sont possibles, j'aimerais que chacun se rappelle que la France, ce n'est pas les Etats-Unis. Nous ne cesserons de défendre l'honneur des forces de l'ordre." "Il n'y a pas d'institution raciste, ou de violence ciblée", a également déclaré le ministre de l'Intérieur. 

"Des propos racistes ont été proférés, des discriminations révélées. Nous avons réagi en conséquence [...] dès que nous avons eu connaissance des faits", a assuré le patron de la place Beauvau. "Cela continuera. Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans notre pays. Quand on porte l'uniforme bleu de la loi, on ne se situe jamais au-dessus de la loi."

Une suspension pour chaque cas "avéré" de racisme

Christophe Castaner a annoncé des "décisions fortes" pour la police. Il a adressé vendredi une instruction aux préfets pour demander qu'une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon "avéré" d'actes ou de propos racistes. 

Il faut toutefois "des éléments factuels", a-t-il précisé plus tard, estimant que des suspicions éventuelles relevaient du procureur de la République. 

Les contrôles d'identité mieux encadrés

"J'ai décidé d'adresser une instruction à tous les services pour rappeler le cadre d'un contrôle d'identité", a également indiqué le ministre, appelant au développement du recours aux caméras piétons et rappelant l'obligation d'afficher le matricule lors de ces contrôles. 

Il a également annoncé un renforcement de la formation continue des agents, avec notamment un partenariat qui doit être ficelé jeudi avec la Licra. Les organisations syndicales de la police et les instances représentatives de la gendarmerie seront reçues dans les prochains jours sur ces sujets. 

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La méthode de "prise par le cou, dite d'étranglement", et celle consistant à appuyer sur la nuque seront interdites, a également annoncé le ministre de l'Intérieur. Ce dernier n'a toutefois pas inclus dans cette interdiction la méthode controversée du plaquage ventral, estimant qu'il ne relevait pas d'une technique enseignée aux policiers. 

"Ce combat, je n'ai pas l'intention de l'occulter", a conclu Christophe Castaner. "Je demande à chaque policier, à chaque gendarme, de m'aider à combattre la haine."

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