"Nous ne laisserons pas nos frères d’armes être traités de racistes" : les policiers se défendent dans une tribune

C'est un geste rare et hautement symbolique. Des centaines de policiers à travers le pays ont déposé leurs menottes au sol, comme s'ils rendaient les armes. Un signe de leurs abattements après les déclarations de leur propre ministre.
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TRIBUNE COLLECTIVE - Des membres des forces de l'ordre ont signé une tribune dans Marianne, dénonçant les critiques ravivées par la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

"Nous, policiers français issus de la diversité, prenons l’initiative de sortir du silence. Les polémistes qui jettent sur nous des a priori refusant de nous donner la parole." Alors que les manifestations dénonçant les violences policières et raciales se multiplient en France, après la mort de George Floyd aux Etats-Unis, qui a relancé le mouvement réclamant "justice pour Adama Traoré" la police contre-attaque. Des membres des forces de l'ordre ont signé une tribune dans le magazine Marianne, dénonçant le mouvement de contestation qui fait rage et réaffirmant leur adhésion "aux valeurs républicaines universalistes" de leur profession.

"La Police nationale n’est pas parfaite, et les bonnes âmes sont bienvenues pour l’améliorer. Mais nous ne laisserons pas nos frères d’armes être traités de racistes, et nous de victimes consentantes. Nous refusons l’affirmation que 'la police est raciste'", peut-on encore lire.

"Nous sommes la diversité de la France"

Les signataires, à savoir une soixantaine, de cette tribune collective souligne qu'au sein de la police, la diversité est omniprésente. "Nous sommes des femmes et des hommes, noirs, arabes, métis, asiatiques, originaires des DROM-COM, des anciennes colonies, chrétiens, musulmans, juifs, hindous, athées, hétérosexuels, homosexuels, de toute opinions philosophiques ou politiques...", listent-ils. 

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"Nous sommes la diversité de la France qu’elle porte dans nos récits familiaux. Nous réaffirmons notre fierté d’appartenir à la nation française, engagés pour secourir et protéger dans ce pays où nous sommes nés, dont nous avons acquis la citoyenneté. Nous condamnons les injures dégradantes sur nos complexions selon lesquelles nous serions des 'vendus', des 'nègres de maison', des 'arabes de service'."

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Racisme et violences : qu'en pensent les policiers ?

Les policiers rappellent la menace qui plane sur leur entourage, en raison de leur engagement dans les forces de l'ordre. "Nous ne cachons pas nos origines dans nos services, en revanche nous sommes forcés d’apprendre à nos enfants à cacher la profession de leurs parents."

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Mort de George Floyd : l'indignation mondiale

Cette tribune fait suite à l'échange entre manifestants et forces de l'ordre samedi 6 juin dernier. Une manifestante avait interpellé un gendarme noir en lui criant "Vendu, sale vendu". Ce dernier, qui portait un bouclier, était resté impassible. 

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