Violences sexistes et sexuelles : un phénomène "massif" dans les médias, selon une enquête

Violences sexistes et sexuelles : un phénomène "massif" dans les médias, selon une enquête

ETAT DES LIEUX - Baptisé #EntenduAlarédac, un appel à témoignages a été lancé fin février dans la foulée de l'affaire de la "Ligue du LOL" avec pour ambition de mesurer l'ampleur des violences sexistes et sexuelles au travail dans les rédactions françaises. Le résultat est édifiant.

Si les résultats n’étonnent pas les associations à l’origine de l’enquête, le nombre de réponse, oui. Dans le sillage de l'affaire de la "Ligue du LOL", les collectifs NousToutes, Prenons la Une et Paye Ton Journal, qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles, ont lancé un appel à témoignages avec pour ambition de mesurer l'ampleur du phénomène dans les rédactions françaises. Résultat ? Sur les 1.837 réponses recueillies en dix jours, en ligne et sous le couvert de l’anonymat, (dont 271 émanant des écoles de journalisme), 1.500 personnes déclarent avoir été victime ou témoin d'au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail.

Dans le détail, 199 personnes, dont 188 femmes, déclarent avoir été agressées sexuellement, et deux avoir été violées dans le cadre du travail. Autres enseignements de cette enquête ? Les violences sont "plus fortes vis-à-vis des femmes racisées et des hommes homosexuels" et plus fréquentes à la télévision que dans les autres médias et les pigistes sont particulièrement vulnérables : 22 % d’entre eux déclarent être souvent confrontés à des propos à connotation sexuelle. 

Alors que ces violences "commencent dès l'école de journalisme", les remontées d'information dans les rédactions ne fonctionnent pas, estiment les organisations qui ont mené cet exercice. 

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"La thématique est d'actualité partout"

"Les rédactions citées dans l'enquête ne disposent d'aucun système efficace de remontée d'information en cas de violences. Dans 83% des cas, les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle ne remontent pas aux RH (ressources humaines) ou à la direction", notent ces collectifs.  Et "lorsqu'elles sont informées, les directions citées dans l'enquête ne traitent les violences que dans une petite partie des cas. En effet, dans 60% des cas d'agression sexuelle comme dans 70% des cas de harcèlement, les rédactions n'ont pas réagi suite au signalement".

Baptisé #EntenduAlarédac et lancé fin février dans la foulée de la révélation par Libération du cyberharcèlement opéré par de jeunes journalistes et publicitaires, réunis dans un groupe Facebook privé, entre 2009 et 2012, ce sondage recense des cas dans plus de 250 rédactions, et ce dans tous les secteurs (presse écrite, radio-télévision ou pure players) qu'il s'agisse aussi bien de médias nationaux que régionaux. Les collectifs, qui précisent que les répondants ne sont pas statistiquement représentatifs des journalistes en général (76% ont moins de 40 ans, 80% sont des femmes), estiment toutefois que l'ampleur des réponses et la diversité des rédactions concernées (270) "montrent que la thématique est d'actualité partout".

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