Violences sexuelles : retour sur la semaine qui a fait vaciller le milieu du patinage

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Violences sexuelles : grand déballage dans le monde du patinage

VIOLS - Déjà accusé dans les années 2000, l’entraîneur Gilles Beyer est de nouveau mis en cause pour des viols qu'il aurait commis à l'encontre de patineuses.

Des patineuses accusent leur ancien entraîneur, Gilles Beyer de les avoir violées alors qu'elles avaient entre 13 et 17 ans. Ces accusations ne sont pas les premières à son encontre. Au début des années 2000, sur la base d'un signalement de parents, il avait déjà fait l'objet d'une enquête judiciaire qui n'a pas abouti, puis d'une enquête administrative, qui a conduit le ministère des Sports de l'époque à mettre fin à ses fonctions de cadre d'Etat, le 31 mars 2001. Mais malgré cette mise à l'écart, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière au club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu'à son éviction la semaine passée, et a effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG jusqu'en 2018. Retour sur la chronologie de ces derniers jours. 

29 janvier : une enquête publiée dans L'Equipe

Trois anciennes patineuses de haut niveau témoignent des violences sexuelles que leurs entraîneurs leur auraient fait subir lorsqu'elles étaient mineures. Hélène Godard, Anne Bruneteaux et Béatrice Dumur accusent d’agressions sexuelles Gilles Beyer, Jean-Roland Racle et Michel Lotz dans une enquête publiée par L’Equipe. Aucune d’entre elles n’avait déposé plainte à l’époque des faits.

30 janvier : un livre et des interviews

Le lendemain, parait un livre témoignage "Un si long silence", chez Plon. Celle qui a été dix fois championne de France de patinage artistique en couple, multimédaillée européenne et mondiale en couple, y livre pour la première fois la face sombre de sa carrière.  Sarah Abitbol accuse son ancien entraîneur Gilles Beyer, de l'avoir violée et agressée sexuellement plusieurs fois entre 1990 à 1992, une période couverte par la prescription. "Il a commencé à faire des choses horribles, jusqu'aux abus sexuels et j'ai été violée à 15 ans. C'était la première fois qu'un homme me touchait", a-t-elle notamment témoigné sur le site de L'Obs, en évoquant l'épisode d'un stage d'espoirs à La Roche-sur-Yon.

31 janvier : des excuses trente ans après les faits

Gilles Beyer, 62 ans, a pris la parole vendredi pour faire "ses excuses", trente ans plus tard. "Je reconnais avoir eu des relations intimes avec elle. Si mes souvenirs sur leurs circonstances exactes diffèrent des siens, j'ai conscience de ce que, compte tenu de mes fonctions et de son âge à l'époque, ces relations étaient en tout état de cause inappropriées", déclare  l'ancien champion de France de patinage artistique (1978). 

Interrogé sur la nature précise de ses "relations intimes", il s'est refusé à tout commentaire. "Il s'agit donc d'une faute, dont je ne mesurais pas le mal qu'elle a pu lui causer (...) Je suis sincèrement désolé et je présente à Sarah Abitbol mes excuses", a ajouté Gilles Beyer, souhaitant "une vie apaisée" à l'ex-patineuse.

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Le même jour, Sarah Abitbol réagit dans L'Obs. "Ce ne sont pas des relations inappropriées, mais des viols ! (...) je ne l'excuse de rien !". Dans son livre, elle évoque un "véritable système", nourri par une "omerta", pour que les faits soient tenus sous silence. "Sa place elle est en prison", a lancé peu après, sur BFMTV, la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

3 février : la ministre des Sports demande la démission du président de la FFSG

Après ces révélations et les excuses publiques de l'ancien entraîneur, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a exigé la démission de l'inamovible président de la Fédération des sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet. Un acte rarissime pour répondre aux accusations de violences sexuelles qui secouent le patinage artistique français. En effet, après une mise à l'écart de Gilles Beyer au début des années 2000, celui-ci a poursuivi sa carrière au club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu'à son éviction vendredi. De plus, il a effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG jusqu'en 2018. Ce maintien en poste met sous pression le patron de la fédé, Didier Gailhaguet, président depuis 1998, avec une parenthèse de 2004 à 2007.

Roxana Maracineanu a aussi annoncé une nouvelle enquête administrative sur la FFSG, son intention de saisir le procureur de la République pour obtenir une enquête pénale "sur les faits qui le justifient". Elle a également brandi la menace d'un retrait de la délégation de la fédération, et a promis d'aider à la création d'une "association de victimes": "leur prise de parole ne sera pas vaine".

5 février : Didier Gailhaguet promet une conférence de presse pour se défendre

Didier Gailhaguet, insubmersible et puissant patron de la fédé depuis 1998 n'entend pas se laisser faire. "Elle ne m'a pas écouté et surtout elle ne m'a pas entendu", a-t-il déploré devant les journalistes, promettant de faire des révélations mercredi, lors d'une conférence de presse, et éludant les questions sur sa démission. "On va réfléchir à tout ça", a-t-il répondu, notamment lors d'une réunion "demain soir" (mardi).

Principal sujet du face-à-face entre la ministre et Gailhaguet, 66 ans, le rôle que la fédération a pu avoir dans le maintien, dans les années 2000, de l'entraîneur Gilles Beyer, accusé trente ans après les faits de viol par la championne Sarah Abitbol, mais déjà soupçonné d'attitudes similaires à l'époque.

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