"Ali Juppé" dénonce l'absence de soutien de Fillon face aux attaques de la fachosphère

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DÉSINFORMATION - Alain Juppé s'est plaint à de très nombreuses reprises d'être la cible de violentes et fausses attaques de la part de la "fachosphère" sur internet. Il l'a répété lors du 4e et dernier débat de la primaire et a reproché au camp Fillon son manque de soutien.

A l'occasion du dernier débat télévisé de la primaire de la droite et du centre ce jeudi, le décevant résultat du premier tour semblait avoir été digéré dans le camp Juppé. Visiblement tout le contraire de la campagne "de diffamation" à l’encontre du maire de Bordeaux à propos de sa proximité avec les milieux islamistes, propagée sous le nom code d’"Ali Juppé" par la fachosphère et ses relais.


Une campagne de diffamation sur laquelle est revenu l'ancien premier ministre, présent à côté de François Fillon pour débattre une dernière fois. "Je n'ai jamais entendu un de tes lieutenants condamner cette campagne", a ainsi  reproché Alain Juppé à François Fillon. Avant de reprocher à son rival de ne pas s'être désolidarisé du soutien du mouvement d'extrême droite "Riposte laïque", ouvertement islamophobe, propagateur zélé des attaques visant le maire de Bordeaux et qui a pris position en faveur de François Fillon.

Fillon n'aurait pas eu connaissance de ce mouvement

Large vainqueur du premier tour avec 44% des votes, François Fillon a pour sa part affirmé ne caonnaitre ce mouvement, avant de rappeler qu'Alain Juppé ne l'avait pas soutenu lorsqu'il se faisait "traiter d'homophobe tous les quatre matins". S'il souhaitait entendre une condamnation par son rival, des attaques qu'il a subi, Alain Juppé devra repasser...

Lundi matin sur France Inter, Valérie Pécresse est montée au créneau pour dénoncer une "campagne nauséabonde de diffamation sur ses relations avec l’islamisme". "Ça a été un fil rouge de la campagne sur les réseaux sociaux, un fil rouge délétère qui a miné une partie de sa campagne", s'insurge-t-elle. 

Les réseaux sociaux ont propagé "Ali Juppé"

Très tôt dans la course à l’investiture de la droite et du centre, des sites d'extrême droite et notamment Riposte Laïque ont pris pour cible Alain Juppé. Parfois affublé d’un voile, parfois représenté couvert d’un turban et barbu, les caricatures ont largement été partagées sur les réseaux sociaux.

Des étudiants "patriotes" de l’université Panthéon-Assas avaient également déployé une banderole lors d’une rencontre, reprenant le surnom de l’ancien Premier ministre et le qualifiant de "grand mufti de Bordeaux".

Des attaques qui datent de bien avant la primaire

Il faut remonter à 2014 comme l’indiquait Sud-Ouest , pour voir les premiers signes de ce mouvement, avec la récupération du projet de la grande mosquée de Bordeaux par des sites d’extrême-droite. Un site internet local considéré comme proche de la fachosphère s’est alors emparé du sujet quand Alain Juppé a tenté de répondre aux attaques. Un tract du FN local annonçant l’accord du maire de Bordeaux pour la création d’un "centre islamique doté d’une mosquée de 3500 places, d’une école coranique, d’une bibliothèque et d’un amphithéâtre avec une surface de 21.000 mètres carrés, le tout pour la somme de 22 millions d’euros financés par le contribuable bordelais" avait même été attaqué en diffamation en 2015 et nécessité le démenti d’Alain Juppé, rapportait 20 Minutes.

Le candidat à la primaire de la droite et du centre est aussi la cible de certains médias plus "traditionnels". Ainsi, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, qui se décrit comme "le magazine de la droite qui s’assume", s’étonnait de la proximité d’Alain Juppé avec les Frères musulmans,  organisation islamiste transnationale considérée comme "organisation terroriste" par l’Arabie Saoudite. Un rapprochement tiré de ses relations avec le futur recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, membre de l’Union des organisations islamiques de France, vitrine des Frères musulmans d’après Libération. "Tareq Obrou serait-il le Premier ministre d’Ali Juppé ?", avait même titré Riposte Laïque dans un article, l’accusant de vouloir "imposer la charia en Europe et en France".

S'il est certain que beaucoup de torts ont été causé par ces attaques et la campagne de "diffamation" (d’autant que sur les réseaux sociaux, il n’est pas toujours facile pour les internautes de repérer les articles de désinformation), résumer l’échec du premier tour de la primaire à ce seul argument semble pourtant être une erreur qui donne raison à ceux qui en sont à l’origine. Le maire de Bordeaux à beau s'en plaindre à chaque sortie médiatique, il n'est pas sûr que cette stratégie porte ses fruits d'ici le deuxième tour.

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La fachospère inonde le web

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