Primaire de la droite - Finalement, le règlement de comptes Juppé-Fillon n'a pas eu lieu

DÉBRIEF – Mis à part un échange un peu vif sur le temps de travail des fonctionnaires, François Fillon et Alain Juppé ont débattu sans s’écharper, jeudi soir sur TF1, lors du débat de l'entre-deux-tours de la primaire de la droite et du centre.

Ceux qui s’attendaient un débat musclé entre François Fillon et Alain Juppé ont sans doute été déçus. Durant près deux heures jeudi soir, les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre ont offert une débat sans invectives. Certes, leurs désaccords n’ont pas été éludés. Mais les deux hommes ont pris soin de ne pas insulter l’avenir par des déclarations trop agressives. 


Un seul réel accrochage est à signaler. Il concerne les compensations à accorder aux fonctionnaires en contrepartie de l’augmentation de leur temps de travail. Pour Alain Juppé, "on ne peut pas demander à des fonctionnaires de travailler plus pour gagner moins". "J'ai cru comprendre que, dans la fonction publique, il voulait passer aux 39 heures dès 2017 et avec un salaire correspondant à 37 heures. Est-ce que c'est bien la réalité ?", a demandé le maire de Bordeaux.  "Je pense que les fonctionnaires doivent accomplir un effort de travail supplémentaire pour permettre au pays de se redresser", a répondu François Fillon, n’excluant pas l’hypothèse de faire travailler les fonctionnaires 39 heures mais en les payant 37. 

"Il y a des questions qui ressemblent à des procès"

Les deux finalistes ont ensuite eu un échange un peu tendu sur la polémique concernant l’avortement. François Fillon a déploré "les arrière-pensées" qui ont tenté de le dépeindre en "conservateur moyenâgeux". "En tant que responsable public, depuis 30 ans, est-ce qu'une seule fois, vous avez entendu François Fillon de revenir sur l'IVG ? Est-ce que je n'ai pas voté depuis 30 ans tous les textes qui ont permis l'accès des femmes à l'interruption volontaire de grossesse ?, s'est insurgé le député de Paris. Réaffirmant qu’il ne "toucherait à rien dans ce domaine", il a déclaré que "le procès qui (lui) a été fait il y a quelques jours n'est pas correct".


"Je n'ai fait aucun procès, j'ai juste posé une question", a répliqué Alain Juppé. "Il y a des questions qui ressemblent à des procès", a aussitôt réagi François Fillon. "Au final, ce débat est absurde et nous n'aurions pas dû l'avoir", a-t-il conclu, estimant que tous les deux étaient finalement d'accord.

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François Fillon et Alain Juppé continuent leurs attaques communes sur la question de l'IVG

"Chacun est grand et s'occupe de ses affaires"

Enfin, Alain Juppé est revenu sur "la campagne ignominieuse" qui lui a notamment prêté une supposée proximité avec des islamistes. "Cette campagne m'a fait beaucoup de mal. Je n'ai jamais entendu un seul de tes lieutenants condamner cette campagne", a déploré l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac à l'adresse de son adversaire. "Moi je n'ai rien à voir avec cette campagne, je n'ai jamais eu un mot désagréable à ton égard sur le plan personnel", lui a répliqué François Fillon. "Ni un mot de condamnation" l'a alors interrompu Alain Juppé.  


"Faut pas exagérer non plus, quand je me fais traiter d'homophobe tous les matins, je ne t'ai pas entendu non plus prendre la parole pour assurer ma défense. Voilà, chacun est grand et s'occupe de ses affaires", a rétorqué, avec une pointe d’agacement, le favori du second tour. "En ce qui me concerne, j'ai toujours veillé à dire que j'avais beaucoup de respect pour Alain Juppé, que j'ai une relation très ancienne avec lui, qu'on avait souvent eu des divergences, des différences mais que cela ne m'avait jamais conduit à t'attaquer sur des questions personnelles. C'est la raison pour laquelle j'ai été choqué qu'on puisse prétendre que je voulais remettre en cause l'interruption volontaire de grossesse", a lancé François Fillon. "Ce que je n'ai jamais dit", a tenu à préciser Alain Juppé. "Alors dont acte", a conclu son adversaire.

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Alain Juppé accusé d'antisémitisme : "Chacun est grand et s'occupe de ses affaires" répond François Fillon

Les quelques autres désaccords exposés au cours du débat l’ont été avec un ton de plus en plus respectueux . Dans ces conditions, fillonistes et juppéistes n’auront guère de difficultés à se rassembler une fois le second tour passé pour faire l’union de la droite derrière le vainqueur de dimanche prochain.

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