Juppé roi des sondages : la primaire de la droite est-elle déjà pliée ?

Juppé roi des sondages : la primaire de la droite est-elle déjà pliée ?

PRIMAIRE - Pour Alain Juppé, les sondages se suivent et ressemblent : tous lui promettent une victoire confortable. A six semaines du premier tour de la primaire, le maire de Bordeaux peut-il encore trébucher ?

"Il a des bonnes chances, mais ce n’est pas gagné...". Soutien d’Alain Juppé, le député-maire du Havre, Edouard Philippe, ne veut pas crier victoire trop tôt. "La primaire, ce sont les électeurs qui décident. Ce ne sont pas les sondages qui sont bons, ce n’est pas le consensus qui est plutôt bon, ce sont les électeurs à la fin. Il faut leur parler, les respecter, expliquer ce qu’on a envie de faire, essayer de convaincre". Même s’il refuse de fanfaronner, le sourire de notre interlocuteur trahit quelque peu la confiance qui s’est installé dans le camp juppéiste.

Depuis une dizaine de jours, les bonnes nouvelles se multiplient en effet pour le maire de Bordeaux. Il y a évidemment les sondages qui, les uns après les autres, confortent l’ancien Premier ministre dans son le statut de grand favori. Le dernier en date, notre sondage Kantar Sofres-OnePoint, confirme un écart de plus en plus marqué avec Nicolas Sarkozy au premier tour de la primaire (42% contre 28% des intentions de vote),  mais aussi et surtout au second (62% contre 38%).

Et même s’ils n’auront guère d’incidence (pour ne pas dire aucune) sur le plan électoral, les récents ralliements d’anciens sarkozystes, comme Hubert Falco ou Frédéric Lefebvre, symbolisent la dynamique positive autour de la candidature d’Alain Juppé. La semaine précédente, c’était le député de la Drôme, Hervé Mariton qui, n’ayant pu réunir le nombre de parrainages nécessaires pour concourir à la primaire, avait rallié le chantre de "l’identité heureuse". Comme si cela ne suffisait pas, le maire de Bordeaux devrait également recevoir le soutien de l’UDI dans les prochains jours. 

Ça sent le roussi, il faut que je retrouve la martingale- Nicolas Sarkozy

A l’inverse, Nicolas Sarkozy doit affronter de nombreux obstacles. Entre la diffusion à la télévision d'un documentaire sur l'affaire Bygmalion, l'apparition de nouveaux éléments sur un supposé financement libyen de sa campagne de 2007,  ou encore la publication par Patrick Buisson d'un livre dans lequel son ancien conseiller occulte dresse de lui un portrait à charge, ces derniers jours n’ont pas été une promenade de santé.

Face aux journalistes, il tente de donner le change. "Y a-t-il un déplacement où il (Alain Juppé, ndlr) ait suscité l'amour ? Une réunion publique où il y ait eu du monde ? Un de ses livres qui ait marché ? C'est totalement hors sol. Si vous regardez l'électorat de droite, c'est plié : c'est moi", déclarait le week-end dernier l’ancien chef de l’État au JDD. Mais en privé, il se montre bien moins confiant. "Ça sent le roussi, il faut que je retrouve la martingale", a-t-il confié il y a peu à l'un de ses anciens ministres demeuré fidèle.

Pour relancer sa campagne, Nicolas Sarkozy vient justement de proposer d'organiser deux nouveaux référendums le jour du second tour des élections législatives, le 18 juin 2017, sur "la suspension de l'automaticité du regroupement familial" et l'internement administratif des fichés S "les plus dangereux". Et ces consultations ont beau être politiquement et juridiquement irréalisables, l’essentiel est ailleurs. A travers elles, Nicolas Sarkozy espère convaincre l’électorat du FN de venir faire basculer la primaire en sa faveur, et ainsi contrebalancer les fameuses voix de gauche supposées acquises à Alain Juppé. 

Les débats comme ultime espoir

A n’en pas douter, l’ancien locataire de L’Elysée compte bien mettre à profit les trois débats entre les sept candidats (dont le premier aura lieu ce jeudi sur TF1 et LCI) pour refaire son retard. "Rien n'est joué, il y a beaucoup de fluidité (dans l’électorat, ndlr) même si Nicolas Sarkozy est dans une situation difficile", concède auprès de LCI Emmanuel Rivière, directeur général France de Kantar Public.

Le président de l’institut Polling Vox, Jérôme Sainte-Marie, se montre moins nuancé : "Alain Juppé a un avantage extrêmement solide et je ne vois pas de quels arguments Nicolas Sarkozy dispose pour inverser les courbes. D’autant que le maire de Bordeaux a une arme importante : celle d’être assurément présent au second tour de la présidentielle d’après les sondages ; ce qui n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy, parfois talonné par Emmanuel Macron". Un paramètre déterminant pour l’électeur de droite politisé qui rêve en premier lieu d’alternance.

VIDÉO. Œil pour œil, dent pour dent, le duel Sarkozy - Juppé décrypté :

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Oeil pour oeil, dent pour dent, le duel Sarkozy - Juppé décrypté

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