Pourquoi le copéiste Lemoyne a-t-il finalement choisi de rouler pour Juppé ?

Pourquoi le copéiste Lemoyne a-t-il finalement choisi de rouler pour Juppé ?

INTERVIEW - Ancien collaborateur de Jean-François Copé, le jeune sénateur Les Républicains de l’Yonne Jean-Baptiste Lemoyne vient d’apporter son soutien à Alain Juppé. Il explique à LCI les raisons de ce ralliement.

Le sénateur de l’Yonne Jean-Baptiste Lemoyne a décidé de soutenir le maire de Bordeaux dans la compétition pour la primaire des Républicains. A 39 ans, ce jeune élu s’est récemment illustré au Sénat en ferraillant contre la loi Travail de Myriam El Khomri. De 2002 à 2007, il avait travaillé au sein des cabinets ministériels de Jean-François Copé aux relations avec le Parlement et au budget. On attendait donc plutôt son soutien au député-maire de Meaux, lui aussi candidat à la primaire. Il fait un autre choix et nous l’explique. 

LCI : Pourquoi vous ralliez-vous aujourd'hui à Alain Juppé alors que vous étiez un proche de Jean-François Copé ?

Jean-Baptiste Lemoyne : Je pense que la situation de la France exige d’élire un homme d’Etat, qui soit à la fois réformateur et rassembleur ! Sur le terrain, je sens combien la tension et l’exaspération sont fortes après le quinquennat de François Hollande. Il est donc urgent de redonner confiance et fierté aux Français. Il est également indispensable de restaurer la fonction présidentielle qui a été terriblement abaissée… Aujourd’hui, seul Alain Juppé est capable d’incarner l’autorité, l’expérience et le leadership dont le pays a besoin. Oui, je suis fier du travail accompli aux côtés de Jean-François Copé au ministère du Budget ou au Groupe UMP de l’Assemblée nationale. Pour autant, en m’élisant sénateur de l’Yonne (en septembre 2014) en tant que candidat indépendant des partis, les électeurs de l’Yonne m’ont donné une totale liberté ; aujourd’hui, celle d’accompagner la démarche d’Alain Juppé, car je pense que cela est une bonne chose pour le pays.

LCI : Vous qui incarnez la jeune génération à droite, Alain Juppé est-il vraiment le symbole du renouveau en politique ?

Jean-Baptiste Lemoyne : Alain Juppé est candidat pour n’exercer qu’un seul mandat présidentiel. Sa priorité sera donc d’agir et non de durer, de préparer la relève et non de l’empêcher d’éclore. Et il a, je vous le confirme, une capacité hors pair à faire travailler ensemble les différentes générations ! Il le fait à la mairie de Bordeaux, avec Virginie Calmels (sa première adjointe, ndlr), comme dans son équipe de campagne, où la grande expérience de Jean-Pierre Raffarin se conjugue avec bonheur avec les regards que portent sur la société Benoist Apparu, Edouard Philippe ou encore Maël de Calan. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si de très nombreux nouveaux maires du "cru 2014", et j’en suis, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, se sont reconnus dans le projet qu’il porte devant les Français. Le renouveau, ce n’est pas avoir pour programme de choisir le plus jeune ou le moins expérimenté, car on a donné avec François Hollande et l’amateurisme au pouvoir. Le véritable renouveau, c’est de préparer méthodiquement l’alternance pour que celle-ci ne soit pas un échec ou une déception. C’est dans cet esprit qu’Alain Juppé met l’accent sur les 100 jours qui suivent l’élection, pour obtenir des Français une feuille de route claire, à mettre en œuvre sans délai.

LCI : Pourquoi ne pas vouloir soutenir Nicolas Sarkozy, pourtant ancien président de la République ? Son bilan vous a-t-il déçu ?

Jean-Baptiste Lemoyne : Comme de nombreux Français, j’ai voté en 2007 avec enthousiasme pour Nicolas Sarkozy. J’ai le souvenir de cette campagne comme d’un élan formidable… Puis l’acuité de la crise économique et financière a conduit à réviser les objectifs et les ambitions. Cela a créé un hiatus et un doute sur sa capacité à "délivrer". Or, aujourd’hui, les Français, et en particulier les électeurs de la droite et du centre, sont vaccinés des promesses qui ne sont pas suivies d’effet, quelle qu’en soit la cause. C’est pourquoi, aux déclarations chocs, je préfère une détermination sans faille, certes moins bruyante mais sûrement plus efficace.

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