Présidentielle 2017 : Alain Juppé détaille son plan pour "réformer la France"

PRÉSIDENTIELLE - Dans un entretien au "Journal du Dimanche", le maire de Bordeaux énumère les premières mesures qu’il compte prendre à son arrivée à l’Élysée s’il sort victorieux de l’élection de mai prochain. Et Alain Juppé l’assure, il est préparé à agir vite.

"Je veux obtenir des Français un mandat clair". Alain Juppé n’y va pas par quatre chemins. Dans son entretien au Journal du Dimanche, paru le 2 octobre, le candidat à la primaire de la droite explique que selon lui, la période des cent jours précédant l’élection lui permettra d’obtenir des Français qu’ils "votent en connaissance de cause". Afin de lui permettre, dès les six premiers mois de son mandat, de mettre en marche ses premières mesures "pour réformer la France".

Sur le volet social

La principale mesure d’Alain Juppé concerne l’assurance chômage. S’il annonce vouloir un minimum plancher fixé à 870 euros pour tous les demandeurs d’emploi, "aucun ne percevra moins", le maire de Bordeaux indique également que sous son quinquennat cette allocation sera dégressive. "Moins 25% au bout de douze mois et moins 25% supplémentaires au bout de dix-huit mois", indique-t-il ainsi. Reconnaissant que la "grande majorité des demandeurs cherche du travail", il souhaite lutter, grâce à sa mesure, contre les abus et un déficit grandissant de l’Unédic. 

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Autre grande mesure, aussi symbolique qu’importante pour le redressement du pays selon le maire de Bordeaux : le recul de l’âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans. Depuis une quinzaine d’années, tout gouvernement, de droite comme de gauche, se trouve confronté à des réactions violentes de la part notamment des syndicats de travailleurs. Mais Alain Juppé l’affirme : le passage de la retraite à 65 ans s’effectuera mais "par étapes". Il compte également aligner le système du public sur le privé.

Sur le volet fiscal

Les premiers bénéficiaires des mesures fiscales du président Juppé seront les entreprises, indiquent le maire de Bordeaux. Sa priorité : alléger les cotisations sociales des entreprises finançant la branche famille. Et bien entendu, réduire le taux d’impôt des sociétés à 30% des bénéfices, contre 33,33% en vigueur actuellement. 

Alain Juppé souhaite également en finir avec l’une des mesures chères à la gauche : l’impôt sur la fortune. Le candidat souhaite l’abroger purement et simplement. Il souhaite également relever le seuil d’imposition des droits de succession à 150.000 euros, et mettre en place une taxation forfaitaire des revenus sur les produits d’épargne.

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Sur le volet emploi/entreprise

Dans le domaine de l’entreprise et du travail, Alain Juppé dévoile également sans complexe ses ambitions. Il souhaite "le remplacement du compte pénibilité par un système moins complexe", mais aussi "zéro charges sur le Smic pour relancer l’emploi". Surtout, l’autre fer de lance de la politique Juppé, c’est le passage progressif à la semaine de 39 heures, au lieu des 35 heures de la gauche. Et selon le maire de Bordeaux, le mieux pour que cette évolution se fasse en douceur est encore de laisser "la liberté de négociation dans l’entreprise". Ainsi, le candidat explique que les entreprises auront deux ans pour négocier un passage à un volume horaire hebdomadaire de travail plus élevé. Au-delà, ce sera la loi des 39 heures qui prévaudra. "Si les partenaires sociaux se mettent d’accord sur un temps de travail de 37 heures, ce sera 37 heures", précise-t-il. Indiquant qu’alors, la 36ème et 37ème heures ne seront plus considérées comme des heures supplémentaires mais bénéficieront d’une exonération fiscale et sociale côté salarié. Sans cela, Alain Juppé se veut intransigeant : "Je le répète, s’il n’y a pas d’accord du tout, ce sera 39 heures".

Autre petite révolution "made in Juppé" dans les entreprises : la limitation à deux du nombre de mandats syndicaux, et la réduction du temps alloué aux activités syndicales. "J’ai vu trop souvent des syndicalistes qui n’ont pas exercé leur métier depuis des années, déconnectés de la réalité de l’entreprise", justifie le candidat.

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La méthode Juppé

Au-delà d’un programme, l’entretien du candidat au JDD montre que la candidature Alain Juppé c’est aussi une méthode. Ainsi, par souci de préparation et de cohérence tout au long du quinquennat, le gaulliste indique que dès son arrivée en poste, il prendra une série de mesures afin de faciliter sa gouvernance. Il souhaite ainsi "une loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances, avec cinq ou six ordonnances sur des sujets essentiels et urgents". Une mesure qui ressemble quelque peu à un système présidentiel américain d’ "executive orders", permettant au président de ne pas passer par le Parlement  sur le passage d’une loi-ordonnance spécifique. Alain Juppé souhaite par ailleurs la mise en place d’une "loi de programmation fiscale". Ces deux textes seront rendus publics avant l’élection de mai 2017, dit-il. Une façon de montrer aux Français le sérieux de la situation, et de s’appuyer sur "une légitimité très forte" pour appliquer son projet. 

Côté gouvernement, le candidat compte aussi développer sa méthode. Fini le jeu des chaises musicales, Alain Juppé veut des ministres qui durent, forts, capables d’agir "sur le long terme". Et surtout un Premier ministre qui remplira deux critères fondamentaux : "la compétence et la loyauté".

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