Ce qui différencie Fillon et Juppé en matière de politique étrangère

PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE

DÉCRYPTAGE - Pour le débat de ce jeudi 24 novembre, Alain Juppé a promis un "combat projet contre projet" face à François Fillon. LCI fait le point sur les différences entre les deux hommes en matière de politique étrangère. Elles sont parfois criantes, notamment leur point de vue sur Vladimir Poutine.

La Russie, principal point de divergence

François Fillon, "l'ami de Vladimir Poutine"  ? Un rapide coup d'œil au programme du candidat – qui a eu, lors de son passage à Matignon comme Premier ministre, l'actuel président russe comme homologue de 2008 à 2012 - suffit à s'en convaincre. Il est en effet favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie et souhaite lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée. Sur le dossier syrien, il veut coopérer avec le Kremlin et prône une alliance avec Bachar Al-Assad, ainsi qu'une coalition avec la Russie pour éradiquer l’organisation Etat islamique (EI).

Pour sa part, Alain Juppé s'avère moins tendre vis-à-vis de la Russie, lui reprochant ses bombardements sur Alep et son alliance avec le régime de Bachar Al-Assad. En outre, il s’oppose à une intervention militaire au sol en Syrie. Dans un discours sur sa politique étrangère, il précisait : "Je ne suis pour ma part ni poutinolâtre, ni poutinophobe. Je défends les intérêts de la France et de la paix. Mon message à la Russie est simple : la Russie et l’Union européenne ne sont pas des rivales, car elles sont l’Europe ensemble ; je crois à l’idée d’un partenariat avec la Russie pour garantir la paix, la sécurité commune et une prospérité partagée sur toute la zone euro-asiatique. Notre dialogue politique doit reprendre. La Russie fait partie de la famille des Etats européens".

L'arrivée de Donald trump aux Etats-Unis, une bonne chose pour Fillon

S'il a soutenu la candidature d'Hillary Clinton, François Fillon voit néanmoins d'un bon œil l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Et pour cause : "Ce n'est pas la première fois qu'il y a un président américain élu un peu original. On a eu Ronald Reagan (1981-1989) dont on disait à peu près la même chose", rappelle-t-il, en ajoutant qu'il ne faut "surtout pas qu'on en tire des conséquences comme le font tous les hommes politiques français, absolument stupides". A la question "Redoutez-vous une alliance Poutine-Trump ?", il a également répondu : "Non seulement je ne la redoute pas, mais je la souhaite".

Sur les relations avec les Etats-Unis, Alain Juppé met en avant "l’alliance transatlantique avec les Etats-Unis, qui demeure irremplaçable car nous partageons des valeurs et des intérêts communs". Un volte-face ? Pendant longtemps, il s’est interrogé sur la nécessité du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Dans ses éventuels futurs rapports avec les Etats-Unis, il met en garde contre "le protectionnisme (…), un danger tant économique que politique." Et le candidat d'adopter une posture vindicative durant un meeting après l'élection de Donald Trump : "Ce que je sais, c'est qu'il y aura une politique commerciale agressive. Donc, nous devrons être agressifs, nous aussi.»

Un coup d'accélérateur pour l'Europe

En ce qui concerne la construction européenne, François Fillon souhaite une “Europe des Nations”, qui respecterait la “souveraineté de la France”. Il désire créer un “Schenghen de la justice”, qui permettrait d’expulser “systématiquement” de l’espace Schengen tout délinquant reconnu coupable d’un crime ou d’un délit. Il préconise également la mise en place d’un directoire politique dans la zone euro, qui serait composé de Premiers ministres et que l’un d’entre eux présiderait.

Alain Juppé insiste sur la nécessité de réformer l’Union européenne pour la rendre "moins bureaucratique" et il estime qu’il faut avancer sur la question de l’Europe de la défense. En outre, il envisage de créer une "police des frontières" européenne afin d'obtenir une maitrise de l'immigration. A ce titre, il plaide pour une harmonisation des lois nationales sur l’asile.

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