Primaire, collège, Bac... : quelle Education pour Sarkozy, Fillon, Juppé et les candidats de la primaire de la droite

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ÉDUCATION - Outre le terrorisme, la délinquance, l’Europe et la façon de gouverner, l’éducation est au menu jeudi soir du deuxième débat entre les candidats à la primaire de la droite et du centre. L’occasion de revenir sur leurs propositions en la matière.

Plus d’autonomie pour les établissements, retour de l’uniforme, réforme des rythmes scolaires…. Zoom sur les mesures proposées par les sept candidats à la primaire de la droite et du centre concernant l’éducation.

Alain Juppé

Maternelle-Primaire :  celui pour qui l’éducation est "la mère de toutes les réformes" veut concentrer les moyens sur la maternelle et de CP. Il souhaite augmenter le taux d’encadrement dans ces classes et prendre en charge dès le plus jeune âge les élèves en difficulté. Alain Juppé est également favorable à l’augmentation du salaire des enseignants du primaire de 10% si ceux-ci augmentent leur temps de présence dans l’établissement. 


Secondaire : l’ancien Premier ministre souhaite aussi abroger la réforme du collège, notamment "ce qui a été décidé sur les classes bilingues et l’enseignement des langues anciennes". Dans le même temps, il prône une plus grande autonomie des établissements et veut permettre aux enseignants d’adapter  le rythme éducatif comme bon leur semble dans le respect du socle commun. Autre proposition : réformer l’organisation du Baccalauréat, qui coûte chaque année 1,5 milliard d’euros. Il souhaite notamment réduire le nombre d’options et d’épreuves à quatre ou cinq, le reste des acquis étant soumis au contrôle continu.


Enseignement supérieur : le maire de Bordeux veut généraliser la sélection dès le M1 pour l’entrée en Master, développer le financement privé des universités, maintenir les frais d’inscription en premier cycle à un niveau faible pour ne pas peser sur les classes moyennes ou encore garantir aux bacheliers une formation en adéquation avec leurs compétences et leurs goûts. 

Nicolas Sarkozy

L’une des propositions phares de Nicolas Sarkozy en matière d’éducation est la création d’un service militaire obligatoire pour les décrocheurs scolaires. Il met un point d’honneur à aborder la question de la laïcité à l’école, notamment pour les accompagnateurs lors des sorties scolaires. Il veut aussi mettre fin aux Enseignements langues et cultures d’origine (ELCO) pour que "tous les enfants, quelles que soient leurs origines, parlent le français". 


Maternelle-Primaire : l'ancien président estime que "ces dernières années, l’école a été transformée en lieu d’expérimentation sociale dont les parents et les enfants sont les cobayes". Pour y remédier, il veut créer un accompagnement spécial pour les élèves les plus en difficulté, notamment par la création de classes de "CP+", où ils pourront bénéficier d’une aide personnalisée, d’heures d’apprentissage renforcé et si nécessaire de remise à niveau obligatoire pendant les vacances scolaires. Nicolas Sarkozy souhaite également augmenter de 25% le temps de présence des enseignants en contrepartie d’une meilleure rémunération. Selon lui, cela permettrait en plus de diminuer le nombre de postes dans l’Education nationale. 


Secondaire : concernant le collège, il souhaite revenir sur la réforme des rythmes scolaires et donner aux établissements plus d’autonomie dans l’organisation du temps scolaire et la constitution de groupes et classes de niveau. 


Enseignement supérieur :  l’ex-chef de l’Etat souhaite mettre en œuvre un acte II de l’autonomie des universités, et accorder à ces dernières la liberté de fixer le montant des droits d’inscription et les modalités de sélection pour les intégrer.

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François Fillon

Maternelle-Primaire  : "Parce que tout commence par là", estime François Fillon à propos de l’éducation. Il souhaite faire débuter la scolarité obligatoire à cinq ans au lieu de six, pour commencer plus tôt l’apprentissage de la lecture. Il souhaite l’organisation régulière de tests pour déceler les élèves en difficulté. Et même si elle est peu respectée dans les faits, il souhaite lever l’interdiction des devoirs après la classe.


Secondaire : l’ancien Premier ministre ne veut pas que les élèves aient plus de 5 professeurs les deux premières années. Un même professeur pourrait alors leur enseigner les mathématiques, les sciences de la vie et de la terre et la technologie. François Fillon propose d’organiser le Brevet des collèges et le Baccalauréat au mois de juillet pour allonger le temps scolaire réel jusqu’à la fin du mois de juin. Le candidat propose de mettre au programme de 3e trois séquences d’une semaine de découverte des métiers, dont deux au moins consacrées à des métiers accessibles par l’apprentissage.


François Fillon souhaite permettre aux chefs d’établissement d’exclure les élèves les plus perturbateurs et de les confier à des établissements chargés de corriger leur comportement. Il propose aussi que les établissements puissent décider de la tenue des élèves et de l’instauration ou non de l’uniforme.


Enseignement supérieur : le candidat souhaite que les universités puissent créer des filières d’excellence répondant aux besoins de la Nation et fixent leurs règles d’admission en Master. 

Bruno Le Maire

Maternelle-Primaire : le "candidat du renouveau" veut lui aussi abaisser l’âge de la scolarité obligatoire à 5 ans pour mieux préparer à la maîtrise du langage. Il souhaite changer les programmes du primaire et augmenter le nombre d’heures de classe, de 24 à 26 heures. 20 heures seraient consacrées aux enseignements fondamentaux, dont 15 au français. Comme ses adversaires, Bruno Le Maire souhaite mettre l’accent sur les élèves en difficulté, et leur permettre de travailler en petits groupes.  


Secondaire : l’ancien ministre propose de mettre fin au collège unique pour créer un collège diversifié. La formation serait séparée en deux blocs : la scolarité obligatoire (18 heures par semaine) et la scolarité diversifiée (8 heures hebdomadaires). Les établissements devraient alors mettre en place une offre d’études dirigées pour tous les élèves afin qu’aucun n’ait à faire de devoirs chez lui en rentrant le soir. Car, selon l'énarque, c’est là que commencent les inégalités.


Enseignement supérieur : il veut donner plus d’autonomie aux universités,et leur permettre de faire appel à des financements venus du privé.

Jean-François Copé

Le candidat veut réduire les inégalités du système éducatif français. Pour développer l’attachement à la France, il propose d’organiser au minimum une fois par mois une levée du drapeau tricolore et de rendre obligatoire l’apprentissage de la Marseillaise. Il souhaite aussi que les élèves portent un uniforme. Il propose de rétablir un service national obligatoire de six mois pour tous les jeunes au sortir du cycle d’enseignement obligatoire. 


Maternelle-Primaire : en CP et CE1, il veut permettre aux établissements d’aller jusqu’à 5 heures de français supplémentaires par semaine.


Secondaire : il veut que 100% des collèges soient autonomes, plus particulièrement ceux situés sur des territoires en situation d’urgence éducative. Il est pour une revalorisation salariale des professeurs mise en œuvre par les rectorats et les établissements dans le cadre de l’autonomie, et prône pour une stabilité des programmes pendant le quinquennat. Jean-François Copé souhaite passer du collège unique au collège commun pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Il est pour l’enseignement de l’économie et l’initiation à l’informatique dès la 5ème, et pour l’apprentissage de l’anglais dès la maternelle.


Enseignement supérieur : comme d’autres, il souhaite lancer l’acte II de l’autonomie des universités, sur le recrutement des étudiants et les droits d’inscription.

Nathalie Kosciusko-Morizet

Selon la seule femme candidate à la primaire, "l’école doit s’appuyer sur une valeur simple et pourtant fondatrice pour des enfants en quête de développement : l’autorité". Pour cela, elle souhaite former des maîtres et les professeurs à la pédagogie. 


Elle veut aussi donner plus d’autonomie aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent effectuer leurs recrutements librement et évaluer leurs professeurs. Nathalie Kosciusko-Morizet propose aussi d’augmenter le nombre d’heures d’apprentissage du français. Selon elle, en 1976  un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d’apprentissage du français. En 2015, l en avait reçu environ 600 heures. 


Pour l’université, elle propose d’augmenter les droits de scolarité, et que les établissements soient libres de les moduler.

Jean-Frédéric Poisson

Il estime que l’autonomie des établissements scolaires est la seule voie possible pour leur permettre des marges d’amélioration car elle replace les chefs d’établissement en situation de responsabilité. Il préconise la favorisation de la liberté scolaire, et la facilitation de l’installation d’écoles hors contrat.

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