Primaire de droite : pourquoi Sarkozy est-il le favori de la gauche ?

PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE
PRÉSIDENTIELLE - Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Manuel Valls… Tous estiment que Nicolas Sarkozy a de grandes changes de remporter la primaire de droite, devant Alain Juppé, pourtant favori des sondages. Le politologue Thomas Guinolé a expliqué à metronews, en quoi une victoire de l’ancien président arrangerait la gauche.

Pourquoi Sarkozy est-il le candidat favori de la gauche ? Alors que Jean-Luc Mélenchon a parié sur BFMTV que l’ancien chef d’Etat remporterait la primaire de droite, les pronostics de François Hollande et Manuel Valls vont également en sa direction.


Dans le livre "Conversations privées avec le président" (Albin Michel), François Hollande estime que son prédécesseur "a ses chances. (…) D’une certaine façon, lui et moi sommes un peu dans la même problématique. Il doit démontrer qu’il n’est pas un candidat de plus, mais qu’il est la solution". A son tour, Manuel Valls juge dans une interview accordée à l’Express et parue ce mardi, que les "idées" d'une "droite dure et populiste" incarnées par Nicolas Sarkozy sont en train de "l'emporter". En clair, selon eux, aucun autre candidat en lice pour la primaire de droite et du centre, ne semble plus apte à l’emporter que l’ancien chef de l’Etat lui-même.


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Une bête de campagne


Sollicité par metronews, le politologue Thomas Guénolé estime que ces pronostics résultent de l’inconditionnelle détermination de Sarkozy. "C’est une bête de campagne" partie reconquérir l’Elysée. Sa motivation va de pair avec son "expérience électorale" et ses compétences. Robert Reynès, confiait par ailleurs récemment à metronews, avoir "retrouvé le candidat de 2007 avec la même fougue, la même énergie et le même plaisir". En outre, un candidat s’inscrivant dans "une démarche de combattant".


La gauche y trouverait aussi son intérêt. Pour elle, explique le politologue, Nicolas Sarkozy est le "candidat le plus clivant, le plus susceptible d’être battu". Notamment parce qu’il a déjà été président, mais également en vertu des nombreuses affaires dans lesquelles il a été impliqué - Rappelons que l’ancien président a été mis en examen pour corruption et trafic d'influence dans l’affaire Bettencourt, ainsi que pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012 dans l’affaire Bygmalion.


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Néanmoins, "Hollande a tort de penser qu’il sera favori face à Sarkozy", note Thomas Guénolé. "Sa politique a globalement été contraire à ses promesses de campagne, son bilan est peu convaincant, le rejet peut être plus fort pour lui". Le président le reconnait lui-même dans son livre de confessions, Sarkozy "a des fans avec lui. En 2012, il était rejeté et il est parvenu à faire 48% ! A la fin, il galvanisait les foules".


-13 points dans les sondages


Mais au lendemain de son annonce officielle, la cote de popularité de l’ancien président vire au rouge et le place à la sixième place des personnalités préférées des sympathisants de son propre parti. Selon un sondage Ipsos réalisé pour Le Point, Sarko perd 13 points et ne recueille que 55% d’avis favorables, derrière un Juppé en pleine forme qui gagne 3 points supplémentaires (73%). "Ce dernier est dans une bulle spéculative", observe Thomas Guénolé. "C’est un peu la 'Juppé mania', le mythe passager, comme l’ont été DSK ou Manuel Valls".


Deux hypothèses se posent alors : soit la tendance s’inverse (si, par exemple, l’opposition renvoie Alain Juppé à son passé politique et judiciaire) et joue en la faveur de Sarkozy, soit les électeurs continuent à soutenir Alain Juppé parce qu’il est le mieux placé et qu’ils veulent que leur camp gagne face au PS. Réponse en novembre 2016. 


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