Primaire de la droite : craintes de fraudes chez Les Républicains, en particulier dans les rangs fillonistes

VIGILANCE - A quatre jours du premier tour de la primaire de la droite, les craintes de fraudes inquiètent certains candidats. En particulier François Fillon, marqué par la guerre qui l'avait opposé à Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP en 2012, sur fond de triche. Alors ses équipes ont élaboré des "guides" pour sensibiliser les présidents des bureaux de vote et assesseurs fillonistes aux différentes formes de fraudes et aux réflexes à avoir pour les dénoncer.

François Fillon ne souhaite pas revivre l'élection pour la présidence de l'UMP de 2012, perdue face à Jean-François Copé. Les deux hommes s'étaient livré une guerre fratricide, s'accusant l'un et l'autre publiquement de tricherie. Pour éviter que cela se reproduise ce dimanche pour le premier tour de la primaire de la droite, ses équipes ont décidé de sensibiliser leurs présidents de bureaux de vote et leurs assesseurs à la fraude. 

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Patrick Stefanini, directeur de la campagne de François Fillon, leur a adressé mardi un message vidéo d'une dizaine de minutes. "Hélas nous avons l’expérience, en 2012, d’une élection qui a donné lieu à une triche, à une fraude massive au détriment de François Fillon, qui l’a privé de la présidence de l’UMP" débute-t-il. "Nous avons, au quartier général, édité un certain nombre de documents sur le risque de fraude. Car il ne faut pas sous-estimer ce risque" continue Patrick Stefanini, avant de dévoiler plus précisément de quoi il s'agit.

Des guides pratiques pour éviter les fraudes et les reconnaître

Tout d'abord, les présidents, délégués et assesseurs fillonistes recevront tous un mémo qui "rappelle les conseils élementaires qui ont trait à l'organisation d'un bureau de vote". Un "mémento anti-fraude et irrégularités" dont notre journaliste Julien Arnaud s'est procuré un exemplaire, leur sera également adressé. Il recense les cas d'irrégularités et de fraudes : le lieu du bureau change 2 à 3 jours avant le scrutin, absence d'huissier de justice, vote multiple d'un représentant d'un candidat, noms ajoutés en bas des listes d'émargement, signatures différentes de celle de la pièce d'identité, etc.


Le document précise aussi les moyens à engager pour éviter les fraudes et les irrégularités. Il s'agit notamment de ne pas quitter le bureau lors de la pause déjeuner, prendre une photo du procès verbal avant de quitter le bureau le soir et même... faire attention aux mines de crayon sous l'ongle destinées à dégrader certains bulletins au moment du dépouillement pour qu'il soit déclaré nul !


Devant tant d'ingéniosité, une permanence juridique sera assurée au QG de François Fillon pour recenser les alertes des assesseurs.  

Les équipes de François Fillon et Alain Juppé, qui redoutent des irrégularités en fief sarkozyste, se sont mises d’accord pour qu’un représentant de l’un ou de l’autre soit bien présent dans chacun des 10.000 bureaux de vote. Pour limiter les fraudes, la Haute autorité de la campagne a également interdit les procurations. En 2012, il y en avait eu 30.000 sur 170.000 votants.

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