Juppé à Argenteuil : son duel avec Sarkozy s'intensifie, avec toujours Bayrou en toile de fond

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PRIMAIRE DE LA DROITE - Ce mercredi, à la veille du second débat de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont tous les deux occupé l’espace médiatique. Le premier en se rendant à Argenteuil, où en 2005 le second avait promis à une habitante de la "débarrasser" des "racailles". Nicolas Sarkozy, aidé de ses soutiens, a de son côté continué de fustiger le ralliement de François Bayrou à Alain Juppé.

Ils sont tous les deux en tête des sondages à quelques semaines du premier tour de la primaire de la droite et du centre. Alors pour essayer de creuser l'écart ou d'inverser la tendance, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy intensifient leurs attaques et n'hésitent pas à empiéter sur les plates-bandes de l'autre.

Ces derniers jours, Nicolas Sarkozy concentre ses attaques sur le ralliement de François Bayrou à Alain Juppé. Ce mercredi matin sur Franceinfo, l'ancien président a ainsi déclaré : "Je ne veux pas que demain la future majorité soit otage de M. Bayrou." "En 2012, il a voté avec enthousiasme pour François Hollande. Son projet est aux antipodes des idées que je porte. Il veut une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu, il veut l’augmenter. Il est contre l’interdiction du voile. Il veut le droit de vote pour les étrangers. Il ne veut pas la suppression du regroupement familial", a-t-il expliqué. 

Tous unis contre François Bayrou

Un peu plus tard dans la journée, les lieutenants de Nicolas Sarkozy ont organisé une conférence de presse pour demander à François Bayrou de s'expliquer sur son soutien à Alain Juppé. "Nous refusons le centre girouette qui a soutenu François Hollande. Nous demandons des clarifications : quel rôle aurait Bayrou dans un futur gouvernement ? Ce n'est pas une affaire personnelle c'est une question légitime et sérieuse", a déclaré François Baroin.


"Nous demandons une clarification à Alain Juppé puisque François Bayrou était finalement cet acteur masqué de la primaire", a poursuivi Eric Ciotti. "Aujourd’hui, son immixtion violente dans le débat doit amener cette clarification qu’attendent les électeurs de la droite et du centre." "Bayrou s'est ingéré dans la primaire. Bayrou c'est l'anti-réforme, il a toujours voté contre les réformes de la droite", a embrayé Eric Woerth. 

Juppé ne répond pas aux questions concernant Sarkozy

Dans le même temps, en visite à Argenteuil, Alain Juppé a pris le parti de ne pas répondre à ces attaques. Il a préféré montrer que contrairement à Nicolas Sarkozy, lui était le bienvenu dans les banlieues. "On compte aller chercher les voix une à une, y compris ici ", a déclaré le maire de Bordeaux. L'ancien Premier ministre n'a pas non plus abordé la fameuse phrase sur les "racailles" lâchée par Nicolas Sarkozy en 2005 sur la dalle d'Argenteuil. Seul Kalem Hamza, élu LR de LA Courneuve, a évoqué cette visite polémique d'il y a onze ans. Il a parlé de "mots qui ont fait mal, qui ont choqué et qui continuent de faire du mal", en introduction de la présentation du projet "l’urne des quartiers", initié par Juppé pour recueillir les propositions émanant des banlieues.


Alain Juppé s'est tout de même laissé aller à un commentaire à propos de François Bayrou. "Ne stigmatisons pas tel ou tel esprit de vengeance, essayons de rassembler largement", a-t-il déclaré.

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Sarkozy / Bayrou, le duel

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