"Lobbies sionistes" : tollé, justification, excuses... le week-end délicat de Jean-Frédéric Poisson

POLEMIQUE - Dans la tourmente après sa dénonciation des liens entre les "lobbies sionistes" et Hillary Clinton, Jean-Frédéric Poisson a fini par présenter ses excuses, lundi 24 octobre sur France Info, sans toutefois voir une connotation antisémite dans ses propos.

La candidature de Jean-Frédéric Poisson à la primaire sera-t-elle remise en cause ? Après les propos du député PCD des Yvelines sur les "lobbies sionistes" aux Etats-Unis, ce dernier est dans le collimateur de ses concurrents, mais aussi des organisateur de la primaire de la droite et du centre. 


Dans un entretien à Nice-Matin à propos de la présidentielle américaine, le candidat du parti de Christine Boutin avait affirmé que "la proximité d'Hillary Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France". Des propos qui ont suscité l'indignation de ses concurrents, à commencer par Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a saisi vendredi 21 octobre la Haute autorité de la primaire : 

Un autre concurrent, Bruno Le Maire, avait également réagi sévèrement aux propos du député. "Il y a dans notre pays des actes antisémites qui vont jusqu’à l’assassinat et je ne comprends pas qu’on puisse tenir de tels propos", avait-il tancé ce jeudi dans "L'Emission politique", sur France 2.  "Je le condamne et ce sera aux électeurs de juger." Sur France Info, le vendredi matin, le président LR de Paca, Christian Estrosi, était allé plus loin, estimant que Jean-Frédéric Poisson, "s'il ne s'excuse pas [...] n'a plus sa place dans la primaire". Sur Europe 1, Jean-François Copé avait jugé les propos "extrêmement graves, en contradiction avec les valeurs de la droite et du centre", jugeant son maintien dans la primaire "compliqué [...] s'il ne [corrigeait] pas ses propos intégralement".


La question de sa candidature va être posée. Après l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à "une condamnation ferme" de ses propos, Thierry Solère, député LR et président de la commission d'organisation de la primaire de la droite, a indiqué que cette question serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la commission. Selon les informations recueillies par LCI, cette réunion est prévue mardi 25 octobre à midi.  "Dans notre pays, l'évocation du 'lobby sioniste' n'a pas la même signification qu'aux Etats-Unis", cela "nourrit les thèses conspirationnistes et a un caractère insidieusement antisémite", a estimé Thierry Solère.

Interrogé par France Info, Jean-Frédéric Poisson a dit regretter que ses propos "aient pu provoquer une sorte d'émotion au sein du Crif". "J'en suis désolé, parce que ce n'était évidemment pas mon intention, et je veux redire ici toute l'amitié que j'ai pour l'Etat d'Israël et pour le peuple juif dans son ensemble." Dans une lettre adressée au  Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, il a redit qu'il "regrette infiniment l'interprétation qui a été faite de ses mots".


Pour autant, il a assumé ses propos, affirmant n'y voir "aucune espèce de thèse conspirationniste". "De me traiter de la sorte, je ressens comme une injure", a-t-il ajouté plus tard. Mais pour lui, "il existe bien des groupes de pression sionistes qui agissent aux Etats-Unis". 


Jean-Frédéric Poisson s'était déjà illustré en participant à des débats organisés par Robert Ménard, compagnon de route du FN. Une nouvelle réunion commune est d'ailleurs prévue le 12 décembre, mais l'entourage du candidat à la primaire de la droite a émis des réserves sur sa participaton. Réserves appuyées lundi 24 octobre par l'intéressé au moment de commenter l'affiche anti-migrants installée par le maire de Béziers la semaine passée.

Le chrétien-démocrate a de nouveau été cuisiné sur ses propos et leur connotation antisémite. Résultat : des excuses un peu plus appuyées cette fois-ci mais pas de reniement sur le fond. "Je vois bien que les propos que j'ai prononcés ont provoqué de l'inquiétude et de la peur chez des membres de la communauté juive en France. Je leur demande pardon pour ça parce que ce n'était pas mon intention de blesser".


Sur le fond des propos, en revanche, Jean-Frédéric Poisson a nié avoir alimenté les clichés antisémites sur la relation fantasmée entre les juifs et la finance internationale. "Il n'y a pas de liens de cause à effet dans mes propos". Et de justifier l'emploi de l'expression de "lobbie" par le fait qu'aux Etats-Unis, "les lobbies font partie du paysage politique, il n'y a aucun problème là-bas".

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