Qui est Patrick Stefanini, l'homme de l'ombre qui voulait faire gagner Fillon, après Chirac et Pécresse ?

PRÉSIDENTIELLE - Patrick Stefanini publie jeudi "Déflagration", un ouvrage sur les coulisses l'échec de François Fillon, dont il a été le directeur de campagne à la présidentielle. L'occasion de rappeler le parcours de cet homme de l'ombre, artisan de la victoire de Jacques Chirac en 1995.

Il avait quitté la Région Ile-de-France en novembre 2016 pour diriger la campagne présidentielle de François Fillon. Patrick Stefanini, homme de l'ombre mais figure influente et historique de la droite, a tout fait pour empêcher la déroute du candidat des Républicains, empêtré dans des accusations d'emplois fictifs, avant de jeter l'éponge en mars 2017. Jeudi, il publie Déflagration. Dans le secret d'une élection impossible (Robert Laffont), un ouvrage qui passe au peigne fin les coulisses de cette campagne qui en a traumatisé plus d'un à droite.  


L'ancien préfet de Gironde, artisan de la victoire surprise de François Fillon à la primaire à droite, s'est rapproché de ce dernier en 2013, après avoir proposé en vain ses services à Alain Juppé, dont il était proche. Son parcours politique remonte à l'orée des années 1980, étroitement lié à l'histoire récente de la droite. 

Un incontournable des grandes batailles électorales

Qui est donc Patrick Stefanini ? A 64 ans, ce haut fonctionnaire aligne une longue carrière à mi-chemin entre l'administration et la politique. Diplômé de l'ENA en 1979, chef de cabinet du ministre délégué à la Sécurité Robert Pandraud à la fin des années 1980, cette figure du chiraquisme a surtout été un proche conseiller d'Alain Juppé lorsque ce dernier est entré à Matignon en 1995. Il s'est essayé lui-même à la politique, devenant conseiller régional d'Ile-de-France entre 1998 et 2004 après avoir échoué aux municipales à Nice (1995) puis aux législatives à Paris (1997, puis encore en 2002). Comme Alain Juppé, il a connu un trou d'air en 2004, condamné dans la même affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Cela ne l'empêchera pas, trois ans plus tard, d'être l'un des artisans du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale voulu par Nicolas Sarkozy. Sous le mandat de ce dernier, il a été successivement préfet d'Aquitaine et de Gironde, jusqu'à l'alternance de 2012. 


Mais c'est surtout son action au service des grandes batailles électorales réputées difficiles qui retient l'attention. Patrick Stefanini fut ainsi l'artisan de la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle en 1995, puis de celle de Valérie Pécresse aux élections régionales de 2015. Un palmarès qui peut aider à comprendre pourquoi François Fillon l'a appelé à ses côtés lors de la primaire de la droite. 

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Bosseur et constant

"Il a une capacité de travail colossale", louait en novembre 2016 le sénateur LR Roger Karoutchi, qui l'a cotoyé notamment au conseil régional d'Ile-de-France. "Il peut absorber immédiatement les dossiers", ajoutait-il auprès de LCI. Et surtout, "il a un sang-froid rare, et reste peu sensible à la conjoncture. Cela rassure beaucoup les candidats. Quand on décide d'une ligne en début de campagne, on s'y maintient, malgré les sondages ou les mauvais papiers". 


Dans l'entourage de Valérie Pécresse, on louait aussi ses talents de chef d'orchestre. "Il est capable d'animer une campagne dans son organisation, mais aussi sur le fond des dossiers". A la tête de l'administration régionale d'Ile-de-France, Patrick Stefanini a notamment mené les deux grands chantiers de la nouvelle majorité, le déménagement du conseil régional en banlieue et la réorganisation des services, soit "90% du programme en dix mois", avant de rejoindre François Fillon. 


"Dans une élection, il y a toujours une surprise", prédisait, en juillet 2016, Patrick Stefanini. Il a eu doublement raison : d'abord en aidant François Fillon à remporter, contre toute attente, la primaire de la droite. Puis, durant la campagne présidentielle, en ne voyant pas venir l'orage qui allait mettre son candidat à terre. 

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