Voile, burqa, burkini... Ce que proposent (ou pas) les sept candidats à la primaire de la droite

PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE
ISLAM - Plusieurs candidats à la primaire de la droite et du centre plaident pour un durcissement de la législation actuelle sur les signes religieux ostentatoires. LCI s'est plongé dans les programmes des sept concurrents pour savoir ce qu'ils proposent exactement.

La polémique estivale sur le burkini a relancé le débat sur les signes religieux ostentatoires. S'érigeant en défenseur de la laïcité, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à justifier une modification de la Constitution pour faire interdire ce type de maillot de bain. Plus récemment, l’un de ses soutiens, le député Guillaume Larrivé, a laissé entendre qu’une loi pour interdire le voile dans l’espace public était à l’étude. Une réflexion finalement démentie par l’entourage du candidat.


Quoi qu'il en soit, une partie de l’électorat de droite est très réceptive à ce type de propositions. C’est pourquoi certains candidats ont l’intention de durcir la législation actuelle sur les signes religieux ostentatoires. Tour d’horizon des propositions en la matière dans les sept programmes des candidats à la primaire.

Ceux qui veulent modifier la législation actuelle

JEAN-FRANÇOIS COPÉ


Le député-maire de Meaux n’est pas satisfait par la législation actuelle. Dans son programme, deux mesures visent à étendre l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires. Une première dans les établissements publics, y compris à l’université, nous précise son entourage : alors que seuls les agents des services publics sont actuellement soumis à cette interdiction,  Jean-François Copé souhaite qu’elle s'applique également aux usagers. 


Une seconde mesure vise à “interdire que soient portés ou exhibés en public des tenues, insignes ou emblèmes manifestant l’adhésion à des convictions radicales incompatibles avec les valeurs républicaines”. Même si cela n’est pas dit clairement, cette proposition concerne avant tout le burkini, mais “cette rédaction souple permet de se prémunir contre d’autres tenues de ce type”, nous indique son entourage. 


Enfin, sur les questions de laïcité de manière plus générale, celui qui est à l'origine de la loi sur l'interdiction de la burqa (votée en 2010) dit vouloir donner aux chefs d’entreprises “un cadre juridique plus clair afin de limiter les conflits et les litiges” avec leurs salariés pratiquants.



BRUNO LE MAIRE


Dans son programme, le député de l’Eure évoque deux mesures spécifiques sur les signes religieux ostentatoires. Tout d’abord, il dit vouloir “faire de l’école un sanctuaire de la laïcité en respectant scrupuleusement la loi de 2004 (sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires, ndlr) et en réinstituant la circulaire Chatel sur l’interdiction de porter des signes ostentatoires pour les accompagnateurs de sorties scolaires”. 


Bruno Le Maire veut aussi renforcer la loi de 2010 sur l’interdiction du port de la burqa dans l’espace public, en transformant cette infraction en délit. Il précise vouloir augmenter la contravention de 150€ à 300€ pour les contrevenantes. Concernant le burkini, son programme ne l’évoque pas. Mais l'’ancien ministre est un partisan de son interdiction. “Le burkini est une provocation, ça doit cesser, on doit interdire le burkini sur les plages”, avait-il déclaré fin août lors du Grand Jury.



NICOLAS SARKOZY 


L’ancien chef de l'État tient un discours extrêmement clivant sur l’islam. Ces derniers jours, il a laissé entendre qu’il pourrait aller jusqu’à interdire le port du voile dans l’espace public. A la question : “Etes-vous en train de concocter un projet concernant l’interdiction du voile qui justement pourrait dépasser l’interdiction éventuelle du Conseil constitutionnel ?”, Nicolas Sarkozy a répondu très clairement “oui” au micro de Radio Classique, mercredi 5 octobre. 


Mais deux jours plus tard, son directeur de campagne, Gérald Darmanin, a juré que non, son candidat ne voulait pas interdire le voile dans l’espace public.  "Ce qu'a dit Nicolas Sarkozy, c'est qu'on interdirait dans un espace public particulier, qui s'appelle la plage ou les piscines, les signes ostentatoires religieux, à commencer par cette fameuse polémique du burkini", a précisé sur iTélé le jeune député-maire de Tourcoing.


Dans son programme, l’ex-président est à peine plus précis. Il défend une “neutralité religieuse à l’école, à l’université mais aussi dans l’entreprise”. Si cette mesure est déjà en place dans les écoles, elle serait en revanche bien plus difficile à traduire sur le plan juridique dans l’entreprise ou à l'université, puisque l’article 1er de la Constitution ou encore l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme garantissent la liberté de religion.

Ceux qui ne veulent pas modifier la législation actuelle

FRANÇOIS FILLON


L’ancien Premier ministre n’a pas l’intention de modifier la législation actuelle sur les signes religieux ostentatoires. Tout d’abord, parce que cela est juridiquement très risqué, selon Serge Grouard, responsable du projet de François Fillon. Mais surtout, cela serait inutile voire contreproductif d’après lui. “Il ne s’agit pas d’être laxiste, mais la surenchère n’aurait pas de sens. Il y aurait un risque de crispations qui aurait pour conséquence d’accentuer les tensions”, explique-t-il. 



ALAIN JUPPÉ


Lui aussi partisan du statu quo, le maire de Bordeaux ne veut pas perdre son temps avec des lois sur les vêtements, nous indique son staff. Concernant le burkini, “il serait de toute façon inconstitutionnel de l’interdire”. L’ancien Premier ministre entend néanmoins créer un code de la laïcité pour rappeler l’ensemble des règles à respecter, ainsi qu'un délit d’entrave à la laïcité dans les services publics pour sanctionner son non-respect.



NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  


La députée de l’Essonne n’a pas l’intention de légiférer sur les signes religieux ostentatoires. A plusieurs reprises, elle a d’ailleurs critiqué le débat sur le burkini, en expliquant qu’il serait plus judicieux de se concentrer sur les causes de la radicalisation de certains musulmans. Dans son programme, elle écrit : “Il faut agir, plutôt que de disserter à l’infini sur les tenues de bains des musulmanes (fussent-elles choquantes) ou d’agiter des peurs irrationnelles”. 



JEAN-FRÉDÉRIC POISSON


Enfin, le président du PCD ne préconise pas un durcissement de la législation actuelle. Bien que l’un de ses axes de campagnes soit la lutte contre l’islamisme, il n’entend pas faire “la police du vêtement”, nous précise son entourage.

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