2017 : 1er tour de la présidentielle ou primaire, comment Montebourg laisse planer le doute

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE
Dimanche, l'ancien ministre Arnaud Montebourg a officiellement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Cependant, il n'a pas précisé s'il entendait participer à la primaire organisée par le Parti socialiste. Il pourrait décider d'affronter le candidat de gauche au premier tour du scrutin.

"Je suis candidat à la présidence de la République française". Dimanche, l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg a annoncé à l’occasion de la 44e Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, rebaptisée "Fête populaire", sa candidature à l’élection présidentielle. Dans un discours fleuve détaillant les grandes lignes de son projet, l’ancien frondeur, qui avait soutenu Hollande au second tour de la primaire PS en 2011, s’en est pris avec virulence au chef de l’Etat et à son bilan. "Si je suis candidat au rassemblement d’une majorité de Français, c’est d’abord parce qu’il m’est impossible, comme à des millions de Français, de soutenir l’actuel président de la République." 

Mais une inconnue demeure : le défenseur du "Made in France" n’a pas précisé s’il entendait affronter François Hollande (si ce dernier est bien sûr candidat) directement au premier tour de la présidentielle , ou bien dans le cadre de la primaire de la Belle Alliance populaire décidé par le PS en juin. Son entourage cautionne sa participation à la "sincérité" et à la "loyauté" de cette primaire. Le cas échéant, il y affrontera Benoît Hamon, qui l’a pris de vitesse mardi en annonçant sa candidature. 

"Sans primaire, c'est la chronique d'une élimination annoncée"Arnaud Montebourg, juin 2016

Montebourg a toujours été un défenseur du principe de la primaire. C’est lui qui a initié le PS à cette consultation et a œuvré à sa modernisation. En 2012, il avait menacé de démissionner du parti si Martine Aubry, alors première secrétaire, ne lui garantissait pas l’organisation d’une primaire ouverte pour 2012. Au mois de mai dernier, lors de l’ascension du mont Beuvray, Arnaud Montebourg avait plaidé devant la presse pour l’organisation d’une primaire à gauche, avant que le conseil national du PS ne tranche en faveur de celle-ci. Et en juin dernier au micro de France Inter, il déclarait : "sans primaire, c’est la chronique d’une élimination annoncée". 

Participer à la primaire si celle-ci est équitable

S'il prend son temps, c'est en partie parce qu'il compte sur le fait que le président ne se représentera pas et ne participera pas à la primaire. Car si François Hollande décide de se présenter pour briguer un second mandat, la primaire sera taillée pour lui, et les autres candidats auront du mal à exister. C'est en partie ce qu'a sous-entendu Montebourg dimanche, dans ces propors rapportés par le Monde : "Je verrai avant la fin de l'année quelles en seront les règles exactes et qui seront les candidats. Si ce n'est pas une primaire digne de ce nom, je suis déjà candidat à la présidentielle."

Une idée qu'avait déjà exprimé François Kalfon, son directeur de campagne, à la fin du mois de juin. "Nous attendons de voir si les détails, le nombre de bureaux de vote, le calendrier, seront compatibles avec la mobilisation populaire de l’électorat de gauche" avait-il déclaré sur LCP. Arnaud Montebourg "a une détermination totale à construire un projet face à François Hollande (…) soit dans le cadre de la primaire, si celle-ci est convenable, loyale, sincère, soit en-dehors si celle-ci ne l’était pas." 

"Vous vous rendez compte s'il se présente directement ? Mais c'est mort !" Gérard Filoche

En attendant, à gauche, cette inconnue ne plaît pas à tout le monde. Lundi matin, Gérard Filoche, lui-même candidat à la primaire à gauche, a souhaité sur LCI que "tout le monde passe par la primaire". Sans cela, selon lui, "on ne sera pas au second tour. La seule solution pour que la gauche (…) gagne c’est qu’il y ait un candidat unique de la gauche" dans une primaire "de toute la gauche. (…) Vous vous rendez compte s’il se présente directement ? Vous aurez Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Arnaud Montebourg et peut-être François Hollande. Mais c’est mort ! Ce n’est pas la peine d’y aller, ce n’est pas la peine de faire des projets, ils sont tous foutus." 

Le ministre de la Ville Patrick Kanner a lui déclaré dimanche soir : "Je n’imagine pas que celui qui a imaginé la démarche des primaires, qui l’a théorisée, institutionnalisée, puisse s’exonérer de ce passage qui est obligé". "S’il ne le faisait pas, par définition il sortirait de lui-même du parti." 

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