Arnaud Montebourg : Monsieur "made in France" a raté son come-back

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE
HORS JEU - Au soir du premier tour, Arnaud Montebourg se retrouve cruellement écarté de la primaire, avec un score à peine supérieur à celui qu'il avait obtenu en 2011. Retour sur une campagne qui semblait pourtant lui promettre un premier rôle dans la présidentielle de 2017.

Encore raté. Dimanche 22 janvier au soir, Arnaud Montebourg, le visage grave, n'a pu que constater son chaos debout et remettre les clés de la primaire à Benoît Hamon, finaliste face à Manuel Valls. Avec 17.52% des voix, l'ancien député de Saône-et-Loire, âgé de 54 ans, enregistre un score à peine supérieur à celui de la primaire de 2011 (17.19%) et manque cruellement un pari lancé il y a deux ans et demi, et concrétisé avec la très médiatique ascension du Mont Beuvray, le 16 mai 2016.

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Un long chemin

Arnaud Montebourg avait pourtant pris le temps de bâtir sa campagne et de tisser ses soutiens. Démissionnaire du gouvernement depuis août 2014 (comme Benoît Hamon), il s'était retiré pendant près de deux ans de la vie politique pour vivre "sa troisième vie", comme il la nommait ce vendredi lors d'un "stand up" sur le Vieux Port de Marseille. "J'ai créé mon entreprise, puis je suis allé travailler chez Habitat", se targuait l'ancien député, se voyant ainsi en représentant d'une nouvelle façon de faire de la politique, loin des cumulards. Durant cette période, il n'avait pas pour autant tiré un trait sur la vie politique et médiatique. Il peaufinait notamment son créneau du "made in France" en organisant, en 2015, les "assises du produire en France" avec le centriste Yves Jégo. 


Il n'était revenu qu'au printemps 2016, en pleine bataille de la loi Travail, pour amorcer une candidature. Sans se presser, s'appuyant sur ses réseaux parlementaires durant cette période - Laurent Baumel, son actuel de directeur de campagne, a mené la fronde contre le gouvernement, il avait encore attendu quelques mois avant de lancer officiellement son "projet France", avec la tentation au départ de se dispenser de participer à une primaire socialiste

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La mayonnaise ne prend pas

Malgré ses prises de position très identifiées et anciennes sur la défense du "made in France" et le protectionnisme, sur la réforme des institutions et la VIe République, ou encore sur la politique de relance pour la France et l'Europe, Arnaud Montebourg n'a pas réussi à "imprimer", comme Benoît Hamon a pu le faire avec son revenu universel ou son "49.3 citoyen". En outre, en dépit de ses "stand up" et autres meetings, Arnaud Montebourg n'a pas non plus réussi à cliver le débat autour de lui, comme a pu le faire son camarade arrivé en tête dimanche soir. En témoignent d'ailleurs les débats télévisés où cette personnalité habituellement iconoclaste offrait curieusement une image consensuelle de candidat "normal".


Finalement, celui qui se présentait comme "le candidat de la fiche de paye" et du "travail" aura été pris entre deux feux, celui d'un Benoît Hamon porteur d'un projet plus sociétal, très à gauche et tourné vers le long terme, et celui de Manuel Valls, incarnant l'autorité, le réalisme et la version droitière du PS. Entre ces deux visions très clivées, le candidat du "made in France" n'a pas réussi à creuser son sillage. 

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